7 mars 2019
Catherine Blais, la première femme pilote d’essai
Par: Denis Bélanger

Catherine Blais devant un hélicoptère au hangar militaire situé à proximité de l’aéroport de Saint-Hubert. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Catherine Blais devant un hélicoptère au hangar militaire situé à proximité de l’aéroport de Saint-Hubert. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Originaire du secteur de la Pommeraie à Mont-Saint-Hilaire, la major Catherine Blais a joint les Forces canadiennes en 2003 dans le but d’obtenir ses ailes de pilotes. Une décennie plus tard, elle a complété sa formation pour être pilote d’essai. Mme Blais est devenue du coup la première et la seule femme à occuper ce rôle pour les Forces.

Comme le veut la réalité du métier de militaire, Catherine Blais a énormément voyagé. Elle est de retour dans la région métropolitaine depuis août dernier et son bureau est basé aux installations militaires situées à proximité de l’aéroport de Saint-Hubert, qui hébergent le 438e Escadron tactique d’hélicoptères.

Plus jeune, elle ne sentait pas que les portes de l’aviation lui seraient fermées parce qu’elle était une femme. « J’ai grandi dans une famille où il n’y a pas de limites sur ce qu’on peut accomplir comme femme. Nous sommes trois filles chez nous, mes parents sont très ouverts. J’ai bien vu quelques réticences, mais ce n’était pas généralisé. La majorité des gars avec qui j’ai travaillé étaient ouverts.

C’est aussi accepter le fait que si tu passes les différentes étapes de classement, c’est que tu es qualifié pour faire l’emploi, peu importe qui tu es. »

Mme Blais a toutefois mis du temps à réaliser qu’elle était faite pour voler. D’ailleurs, au départ, elle a poursuivi des études en ingénierie à l’université. Mais au moment d’entrer sur le marché du travail, elle a compris que le travail de bureau ne lui convenait pas. « J’ai toujours adoré l’aviation et lu des livres sur le sujet. Je voulais aller dans le cockpit quand c’était possible. J’avais constamment cette fascination qui s’est traduite par mes études en aéronautique et en aérospatiales. Le métier de pilote est un projet qui s’est développé graduellement. L’aviation est de plus une passion que je partage avec mon père. »

Spécialisée dans l’hélicoptère

Catherine Blais a suivi sa formation pour être pilote d’octobre 2003 à mai 2005. Elle a commencé sa carrière militaire en pilotant des avions. Alors qu’elle était à Moose Jaw comme instructeur de nouveaux pilotes, elle a décidé d’aller vers les hélicoptères. La conduite diffère entre les deux appareils et chacun a son propre avantage. « Un avion, c’est plus instinctif comme façon de voler. Un hélicoptère, c’est comme mettre une jambe sur un ballon de plage alors que c’est plus instable. La pente d’apprentissage est plus élevée pour l’hélicoptère. »

La militaire a découvert qu’il était possible pour elle de revenir dans le domaine de l’ingénierie en devenant pilote d’essai. Ayant les qualifications requises, elle a suivi et complété son cours à cet effet à l’United States Naval Test Pilot School, située dans l’État du Maryland. Elle a maintenu par la suite son intérêt à piloter des hélicoptères.

Essayer des systèmes

Il peut arriver parfois que le pilote doive piloter l’appareil à la plus grande vitesse possible. Mais selon la major Catherine Blais, les pilotes d’essai mesurent surtout l’efficacité de nouveaux systèmes de l’appareil en exécutant des plans de vol techniques. « Nous faisons beaucoup de gestion de projet pour tester et essayer de nouveaux équipements en vol. Nous sommes l’étape avant avant que les opérateurs prennent l’équipement pour faire leurs propres tests ou l’implémenter. »

Pour être un bon pilote d’essai, il faut notamment éviter d’avoir un comportement kamikaze. « Ça prend du recul ainsi qu’une approche méthodique et scientifique. »

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