20 octobre 2020
Ça ne fonctionnera pas
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Dans les bars de Sorel, me dit mon beau-frère, c’est rempli de gens de l’extérieur. Ça doit ressembler à ça dans les restos de Saint-Jean ou de Saint-Hyacinthe. Dans les restos de la « couronne orange » aussi?

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Les centres commerciaux sont pleins. Les espaces de plein air aussi, avec une distanciation sociale presque inexistante.
Ça ne le fera pas pour un deuxième tour de confinement. Désolé pour l’humeur massacrante. Même mes complotistes préférés sur Facebook sont fatigués et semblent se décourager. Me font même un peu peur, car leur lassitude semble vouloir se transformer en action. Il y en a un qui va craquer d’une journée à l’autre.
Faut dire qu’on a l’esprit un peu plus fragile. Faites seulement écrire « santé mentale » et « confinement » dans un moteur de recherche et vous êtes parti pour une nuit de lecture : effets sur les jeunes, effets sur les aînés, sur les travailleurs de la santé, sur les gens du milieu de la restauration, sur les athlètes, etc. Dans mon entourage, les gens du milieu de la santé ont le moral à plat. Les larmes plus faciles que les sourires. Oui, de vraies larmes d’épuisement.
C’est le seul sujet de conversation. Pis au travail, la COVID? Pis l’Halloween. Le petit n’a pas de hockey cette année? Ben non, il n’a même pas de l’école tous les jours!
Penses-tu qu’on va se voir à Noël?
J’entends le mot « Zoom » et le cœur me lève. Vous aussi, dites-le. J’ai rouvert le gym dans mon sous-sol. Quelques poids, un banc. Devrait suffire en attendant. Mais ça ne suffit pas. Manque… d’ambiance. Manque de gym.
Pis là, il pleut. Pleut pas mal. Fait noir dehors ce matin, le réveil sonne pas assez fort pour me secouer. Et novembre n’est pas encore arrivé.
Quand je suis déprimé, j’ai un truc tout simple. Je me réserve une soirée ciné en solo. Mais bon, je vais attendre pour ça aussi. Je vais broyer mon noir en attendant.
Au moins, je peux aller travailler. Maudit, j’ai oublié mon masque, je retourne à la maison.
Parlant de job. Notre quotidien au journal se résume de plus en plus à se demander ce que le contexte de la pandémie aura « décrissé » cette semaine! J’exagère, mais force est de constater que les mauvaises nouvelles se bousculent plus que les bonnes. Notre topo sur la saison touristique désastreuse est un miroir de la saison à venir : taux d’inoccupation au plus bas, manque de main-d’œuvre, annulation d’activités. Ça risque de ressembler à ça cet hiver aussi. Parce que si vous lisez ce texte le 14 octobre, nous avons déjà la moitié des 28 jours d’effort de fait. Vous vous dites probablement comme moi que ça regarde mal pour le 28 octobre.
Ok, assez de pessimisme. Nous n’avons pas besoin que j’en ajoute plus. Alors, comment conclure? Étrangement, alors que je termine ce texte tranquillement, le soleil s’est levé. Le café fait tranquillement son effet et les enfants s’élancent rapidement dehors pour courir et se dégourdir. Ma fille étend sur la table sa collection de feuilles d’automne ramassée pendant une marche dans un sentier. S’en foutent eux de la COVID!
Je suis obligé de sourire. Ça va bien aller!

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