13 février 2020
Belœil modifie les conditions de construction du Carré Saint-Jean-Baptiste
Par: Sarah-Eve Charland

Les permis de démolitions des bâtiments se retrouvant dans le Carré Saint-Jean-Baptiste ne seront délivrés qu’au même moment que les permis de construction. Photothèque | L’Œil Régional ©

En réponse à l’appel de la décision de démolir les bâtiments du Carré Saint-Jean-Baptiste du comité du patrimoine bâti, les membres du conseil de Belœil ont choisi de maintenir la décision en autorisant cette fois-ci une hauteur maximale de 13,5 mètres pour 25 % du bâtiment qui se retrouvera sur la façade de la rue Saint-Jean-Baptiste, au lieu du maximum de 12 mètres initial.

Après avoir pris connaissance du mémoire déposé par la Société d’histoire et de généalogie de Belœil et Mont-Saint-Hilaire, un citoyen s’est opposé à la démolition des neuf bâtiments dans le Vieux-Beloeil en interjetant appel de la décision du comité du patrimoine bâti de la Ville, l’automne dernier.

Les membres du comité avaient autorisé la démolition de neuf bâtiments à la condition que les nouveaux bâtiments ne dépassent pas une hauteur de 12 mètres puisque des citoyens avaient manifesté des inquiétudes sur la hauteur des bâtiments. La décision de renverser cette condition revenait aux élus du conseil.

Ces derniers ont statué à la séance du conseil ordinaire du 27 janvier en maintenant l’autorisation de démolir les bâtiments. La mairesse de Belœil, Diane Lavoie, se défend d’avoir profité du processus pour accommoder le promoteur. Elle assure que le conseiller municipal Guy Bédard a consulté les voisins en façade du projet sur la rue Saint-Jean-Baptiste et que ces derniers se sont montrés favorables aux changements. « Ce n’est pas parce qu’un citoyen s’oppose au projet que l’ensemble des citoyens s’oppose au projet. »

Le promoteur peut construire jusqu’à 13,5 mètres en hauteur pour un maximum de 25 % du bâtiment mixte sur Saint-Jean-Baptiste. La condition du 12 mètres continue de s’appliquer aux autres bâtiments. Rappelons que le Carré Saint-Jean-Baptiste devrait se réaliser sous forme de quatre bâtiments.

Mme Lavoie admet que, sans appel de la décision, le conseil n’aurait pas modifié les conditions de construction. « Le comité de préservation du patrimoine bâti est décisionnel. La décision serait restée telle quelle à 12 mètres. Il y a eu contestation d’un citoyen. À ce moment-là, c’est le conseil en entier qui se prononce. Il peut modifier la décision ou l’entériner ou la rejeter. [Sans appel], cette condition n’aurait pas été ajoutée parce que la décision était ferme au niveau du comité. À la suite des discussions, certains membres du conseil ont apporté cette idée. On s’est dit que ça avait du sens. »

Des conditions

Les élus ont aussi ajouté une condition qui oblige à ce que le projet soit déposé dans le cadre d’un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI).
« Ce type d’encadrement vient donner un encadrement très strict sur la façon dont le projet doit se tenir. Il est encore soumis pour approbation finale au niveau du style architectural au CCU [comité consultatif d’urbanisme] de la Municipalité. Donc, il y aura encore des échanges avec le promoteur sur la façon dont on veut voir le bâtiment se développer. Il y a plusieurs conditions à respecter. Je pense que le compromis avec lequel on est arrivé pour la composition mixte sur la rue Saint-Jean-Baptiste favorise très bien l’intégration du projet », a affirmé le conseiller municipal Guy Bédard lors de la séance du conseil.

Les permis de démolition pour l’ensemble des bâtiments seront délivrés au même moment que le permis de construction. Les travaux de remplacement des bâtiments devront débuter au plus tard six mois après la démolition.

« On n’aura pas de démolition à court terme tant que ce bout du chemin du promoteur ne sera pas rencontré. On n’a pas d’échéancier de la part du promoteur. Il n’y a rien de déposé en ce moment, mais ça fera partie des [conditions] qu’il devra prendre en compte », poursuit le conseiller municipal.

Compromis

Le président du Groupe BBC, David Brassard, reconnaît que la restriction de départ concernant la hauteur du bâtiment posait problème.

« Je ne vous cacherai pas que la rentabilité d’un projet, c’est ce qu’on réussit à faire en termes de carrés locatifs totaux. C’est sûr qu’on essaie de maximiser le nombre de pieds carrés tout en essayant de garder un projet intéressant. Depuis le début du projet, l’idée est d’avoir une cour intérieure. On ne voulait pas des bâtiments qui aient une grosse empreinte au sol pour être capable de garder le plus d’espace vert possible. Pour ce faire, il fallait être capable de gagner des pieds carrés en hauteur, mais on a été obligés de sacrifier [un étage]. On voulait se rendre à quatre étages, mais ça ne sera pas possible dans ces circonstances. On a baissé les plafonds à huit pieds pour les unités résidentielles. On a réduit le plus possible les toitures. »

Malgré tout, il demeurait certaines portions du toit qui dépassaient le 12 mètres. « On ne se rendra pas à 13,5 mètres. Sinon, on avait des solutions, mais des solutions plates comme de faire des toits plats au lieu de toits en pente. Ça brise un peu l’effet architectural qu’on voulait donner. Quand on va être dans la rue, la portion qui va dépasser le 12 mètres ne sera pas perceptible. Il faudra prendre du recul pour la voir. Elle va être en retrait », assure M. Brassard.

Les plans architecturaux ont été présentés pour une première fois au CCU en janvier. Après avoir reçu des premiers commentaires, une deuxième version a été renvoyée. Elle sera analysée à la rencontre de février du comité. Le promoteur espère commencer les travaux à l’automne 2020.

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