23 octobre 2019
Belœil autorise la démolition des bâtiments du Carré Saint-Jean-Baptiste
Par: Sarah-Eve Charland

La démolition des bâtiments visés par le Carré Saint-Jean-Baptiste à Belœil inquiète la Société d'histoire et de généalogie de Belœil-Mont-Saint-Hilaire. Photo François Larivière | L'Œil Régional ©

La Ville de Belœil a autorisé la démolition de neuf bâtiments dans le Vieux-Belœil, là où le Groupe BBC a l’intention de construire le Carré Saint-Jean-Baptiste, un projet de construction mixant des commerces et des résidences. Le comité a pris cette décision sans avoir lu le mémoire de la Société d’histoire et de généalogie de Belœil–Mont-Saint-Hilaire (SHBMSH).

Le comité de préservation du patrimoine bâti de la Ville de Belœil s’est réuni le 24 septembre pour se prononcer sur l’octroi des permis de démolition de ces bâtiments. Les immeubles visés se situent dans le quadrilatère des rues Saint-Jean-Baptiste, Dupré, Saint-Matthieu et Saint-Joseph. La mairesse Diane Lavoie, la conseillère Louise Allie, le conseiller Luc Cossette, la directrice de l’urbanisme Sophie Gendron et l’urbaniste Damien Sanschagrin composent ce comité. Ils ont voté à l’unanimité les résolutions permettant la démolition de ces bâtiments.

Ces décisions ne doivent pas obligatoirement être entérinées par les membres du conseil de ville. Belœil doit attendre un délai de 30 jours avant d’octroyer les permis de démolition. S’il n’y a pas d’opposition, le permis sera délivré. Sinon, le conseil devra se prononcer à une prochaine séance d’assemblée publique.

Il a fallu trois semaines à L’Œil Régional pour obtenir les décisions du comité de préservation. À savoir comment la population pouvait connaître ces conclusions et s’opposer avant la fin du délai de 30 jours, la Ville n’a pas été en mesure de répondre à nos questions avant de mettre sous presse.

Une chronologie floue

Une rencontre entre le conseiller du Vieux-Belœil, Guy Bédard, la mairesse et la conseillère Louise Allie d’un côté, et le président de la Société d’histoire, Alain Côté, et le chercheur en patrimoine bâti Pierre Gadbois, de l’autre, s’est tenue le 12 juillet, à l’invitation de la Ville pour connaître la position de l’organisme.

Belœil et la Société d’histoire ne s’entendent toutefois pas sur la date du dépôt du document. Selon la porte-parole de la Ville, Caroline Nguyen Minh, la Ville aurait reçu le mémoire la veille de la prise de décision. La mairesse a affirmé à L’Œil Régional, le 23 septembre dernier, avoir lu le mémoire. La Société d’histoire a mentionné auprès de L’Œil Régional avoir remis le document le 7 septembre. La Ville savait que la Société d’histoire élaborait un mémoire sur le sujet, mais étant donné le court délai entre la réception du document et la tenue de la réunion du comité de préservation, le mémoire n’a pas été présenté aux membres du comité, souligne Mme Nguyen Minh. « Comme tous les membres permanents de ce comité avaient pris part aux discussions avec la Société d’histoire, la décision a été prise en tenant compte de ces éléments », affirme-t-elle.

Mentionnons que le conseiller Luc Cossette, la directrice de l’urbanisme Sophie Gendron et l’urbaniste Damien Sanschagrin n’avaient pas pris part à la rencontre cet été et n’avaient donc pas lu le mémoire. M. Cossette a appris l’existence du document dans l’édition de L’Œil Régional du 25 septembre.

Toujours selon ce document de la SHBMSH, seules les résidences aux 190 et 200, rue Saint-Matthieu ne présentaient aucun intérêt de préservation. Tous les autres bâtiments méritaient un certain égard même s’ils ne font pas partie de l’inventaire du patrimoine bâti, un document conçu pour la MRC de La Vallée-du-Richelieu qui, rappelle la Société d’histoire, n’était pas exhaustif. Mentionnons que plusieurs bâtiments sont centenaires ou plus que centenaires. Le projet du Carré Saint-Jean-Baptiste représentait une menace pour la conservation de l’identité patrimoniale du Vieux-Belœil, peut-on lire dans le mémoire.

Démolitions avec conditions

Les permis de démolition ne seront octroyés que lorsqu’un permis de construction du projet de remplacement sera délivré. Les travaux de remplacement du bâtiment démoli devront débuter au plus tard dans les six mois suivants la démolition.

« Avant de permettre une démolition et de se retrouver avec un terrain vague pendant plusieurs mois, le comité de préservation du patrimoine bâti veut s’assurer d’avoir un projet s’intégrant dans le milieu. C’est pourquoi l’émission du permis de construction est une condition, car tout le processus aura alors été complété », explique Mme Nguyen Minh.

Parmi les conditions, les bâtiments de remplacement ne pourront pas excéder 12 mètres en hauteur. Le promoteur proposait de construire quatre bâtiments d’une hauteur maximale de 15,75 mètres avec stationnement souterrain selon le procès-verbal du comité.

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