27 juin 2018
La haute direction est composée à 66 % de femmes
Belœil, attirante pour les femmes
Par: Karine Guillet
Une mairesse, un conseil municipal paritaire, une directrice générale, une majorité de services dirigés par des femmes: dans un milieu composé généralement d’hommes, Belœil fait figure d’exception. Ici, les femmes dirigent. Photo: Gracieusté-Pink Studio

Une mairesse, un conseil municipal paritaire, une directrice générale, une majorité de services dirigés par des femmes: dans un milieu composé généralement d’hommes, Belœil fait figure d’exception. Ici, les femmes dirigent. Photo: Gracieusté-Pink Studio

La mairesse Diane Lavoie et la directrice générale Martine Vallières.
Photo: Karine Guillet

La mairesse Diane Lavoie et la directrice générale Martine Vallières. Photo: Karine Guillet

Au Québec, à peine 20 % des municipalités sont gérées par des mairesses. Les grandes villes sont tout aussi peu nombreuses à avoir une femme au poste de directrice générale. Encore plus rare, Belœil est l’une des rares municipalités à avoir les deux. Et encore, les femmes sont désormais majoritaires dans les postes de direction de la municipalité.

À peine huit des 82 municipalités membres de la Communauté métropolitaine de Montréal peuvent compter sur un tandem de femmes à leur tête. À Belœil, la directrice générale Martine Vallières et la mairesse Diane Lavoie font équipe depuis déjà presque dix ans.
Les deux femmes ont d’ailleurs fait rayonner l’implication des femmes dans la sphère municipale. Première mairesse de Belœil, Mme Lavoie est aussi devenue la première préfète de la MRC Vallée-du-Richelieu et la première présidente de l’Association québécoise du transport intermunicipale et municipal.«Il y a bien des fois où j’ai été la première femme, lance la principale intéressée. Il n’y en avait pas beaucoup non plus, c’est un peu normal de s’impliquer pour faire ouvrir des portes.»
En 80 ans, Martine Vallière est devenue en 2014 la première femme à siéger à la présidence de l’Association des directeurs généraux municipaux du Québec. Elle aussi souhaitait à l’époque faire avancer sa profession, elle qui se souvient même avoir été enregistrée au nom de Martin Vallières lors de son premier congrès de l’association, alors qu’à peine quatre femmes y étaient présentes.
«Ça avait été un critère quand je m’étais impliquée à la présidence de l’ADGMQ, raconte Martine Vallières. Je voulais le faire pour montrer que les femmes avaient leur place dans le milieu des directions générales de Villes. Ça a vraiment fonctionné. Même si on est à 20 % de femmes DG, le conseil d’administration est presque paritaire.»

Femmes dans la municipalité
La présence de femmes dans la municipalité s’observe aussi dans la direction des départements, alors qu’elles occupent la tête de six des dix départements de la Ville. La Ville atteint aussi presque la parité dans l’ensemble de son personnel, avec un taux de 47 % de femmes. Même le conseil municipal est marqué par la présence des femmes, alors qu’il est paritaire depuis 2013.
«Déjà, quand on a des femmes à la tête, ça montre aux femmes qui veulent appliquer qu’il n’y a pas de problème», réfléchit la DG.
En poste depuis 2005, Martine Vallières constate une évolution de la présence des femmes dans l’appareil municipal. Des services comme le génie et les finances tendent à se féminiser davantage, une tendance aussi observable dans d’autres municipalités. À l’inverse, le service de la bibliothèque accueille son premier homme. Le Service incendie et les travaux publics continuent d’être des domaines d’hommes, même si les femmes sont notamment présentes en horticulture.
Dans le cas du Service du génie, la directrice municipale se rappelle d’ailleurs qu’une firme de consultants avait déjà conseillé aux directeurs généraux de municipalités de se concentrer sur les femmes pour le recrutement. Ces dernières préfèrent les postes avec plus de stabilité que des postes de consultants.
La situation géographique de la municipalité et le déplacement difficile vers Montréal ont peut-être un impact dans le choix des femmes, note pour sa part la mairesse. «En ingénierie, les femmes vont de plus en plus vers le milieu municipal plutôt que le privé en raison des horaires pour concilier le travail et la famille. Souvent, elles sont prêtes à baisser leur salaire pour avoir un emploi plus régulier et ne pas avoir de congestion automobile.»

Conciliation travail-famille, un argument de poids
La politique de conciliation travail-famille contribue peut-être aussi à rendre la Ville attirante. Mme Vallières constate que la Ville emploie beaucoup de jeunes mamans. Belœil permet aux cadres de travailler l’équivalent de 10 jours en 9 jours. Une mesure appréciée, parce qu’elle permet de ne pas amener les enfants à la garderie pendant un jour entier. «C’est attirant comme mesure de rétention pour attirer de jeunes parents, autant hommes que femmes», constate la directrice générale.

image