8 septembre 2017
Beaucoup de vroum-vroums !
Par: L'Oeil Régional

Il y a quelques années, mon conjoint et moi avons quitté un quartier tranquille d’une ville voisine pour nous établir sur les bords du Richelieu à Mont-Saint-Hilaire. L’eau nous attirait, mais aussi la montagne et l’ambiance générale de quiétude.

Nous sommes toujours très heureux de notre décision. Un bémol toutefois à cause de bruits causés par certaines motos et bateaux. Les deux côtés du Richelieu sont, avec raison, des circuits très prisés par les motocyclistes. Cependant un pourcentage significatif de ceux-ci montent des engins dont le silencieux d’origine a été modifié de telle sorte qu’ils signalent automatiquement leur passage à toute la population riveraine. Et même lorsque ces motocyclistes retournent par l’autre côté de la rivière, sur la rue Richelieu, nous avons l’impression qu’ils passent dans notre cour arrière, car l’eau répercute très bien les bruits. La même problématique est vécue avec certains bateaux dont les vrombissements rivalisent avec ceux d’avions au décollage.

Lorsque l’on réside sur une artère très passante comme le chemin des Patriotes ou près d’un cours d’eau aussi achalandé que le Richelieu, il y a un certain niveau de bruit qui est normal et nous composons bien avec cela. Ce qui dérange, ce sont les bruits excessifs, inutiles, éliminables. Lorsque nous sommes sur le patio et qu’il faut interrompre la conversation le temps du passage d’une moto ou d’un bateau, ou encore lorsque le niveau de décibels enterre le son de la télévision quand les fenêtres sont ouvertes, ce n’est pas normal! Ça devient une forme d’agression dont on ne peut malheureusement se défendre. Sans compter que les bruits environnementaux peuvent avoir à la longue une influence négative sur notre capacité auditive et sur notre santé en général.

Lorsque motos, bateaux et ajoutons aussi les autos, sortent d’une usine, elles sont soumises à des normes strictes relativement au nombre de décibels émis de façon à ne pas créer de pollution sonore excessive. Le problème survient lorsqu’un propriétaire modifie le système d’échappement pour faire le plus de bruit possible.

Pourtant il est illégal au Québec de modifier une pièce d’un véhicule moteur ayant pour effet d’augmenter le bruit qui émane du système d’échappement. Il revient donc aux autorités concernées de voir à l’application de ce règlement.

Est-ce que ça se fait chez nous? Facile d’en douter! Par analogie, un propriétaire de logements a l’obligation d’assurer la jouissance paisible des lieux à chacun de ses locataires et l’obligation de réagir si un de ceux-ci cause des problèmes. De la même façon, les autorités municipales et policières ont le devoir d’intervenir et de sanctionner les comportements fautifs. Ce doit être fait par des opérations de contrôle, mais aussi par des campagnes d’appel au civisme, de sensibilisation, d’éducation en matière d’environnement sonore, etc.

Ultimement, c’est le rôle de nos élus de voir à sauvegarder la qualité de vie de leurs concitoyens!

Ginette Horth, Mont-Saint-Hilaire

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