27 janvier 2016
Aucun enseignant congédié en cinq ans
Par: Karine Guillet
La Commission scolaire des Patriotes s'est dotée d'un  processus d'évaluation biannuel pour l'ensemble de son personnel.

La Commission scolaire des Patriotes s'est dotée d'un processus d'évaluation biannuel pour l'ensemble de son personnel.

ÉDUCATION. La Commission scolaire des Patriotes (CSP) n’a congédié aucun enseignant depuis les cinq dernières années. Les enseignants d’ici sont-ils meilleurs? Est-il plus difficile de congédier un enseignant à la CSP? Il s’agirait plutôt du résultat d’un processus d’accompagnement, croit la directrice des ressources humaines de la CSP, Nathalie Avon.

La CSP est l’une des plus importantes commissions scolaires du Québec. Elle emploie  2740 enseignants, plus que les autres commissions scolaires de la Montérégie.

Si aucun enseignant ne s’est fait montrer la porte, Mme Avon confirme cependant que des mesures disciplinaires ont dans certains cas mené à des suspensions d’enseignants. Comme ces mesures ne sont pas comptabilisées, elle ne pouvait estimer le nombre de suspensions, mais elle affirme cependant que ces mesures ne sont pas courantes.

Difficile de renvoyer un prof incompétent?

Selon une étude publiée par l’Institut économique de Montréal (IEDM), 65 enseignants se sont vu montrer la porte de l’une des 72 commissions scolaires du Québec au  cours des cinq dernières années. Seulement sept enseignants sur l’ensemble de la province ont perdu leur emploi pour cause d’incompétence.

«Ce très petit nombre, sur une période de cinq ans, indique plus probablement la difficulté de parvenir à congédier un enseignant incompétent s’il jouit de la permanence», conclut l’étude.

 L’étude argumente que les «excès» de bureaucratie et l’absence d’évaluation, une fois la permanence atteinte, sont entre autres responsables du peu de congédiement d’enseignants incompétents. Le cheminement est long entre la plainte, souvent le seul moyen de mettre en doute la capacité d’un enseignant selon l’étude, et le congédiement.    

Accompagnement

 Nathalie Avon nuance l’étude, rappelant que l’incompétence est un terme lourd et que le congédiement constitue la peine la plus importante en droit du travail. La CSP mise plutôt sur un processus d’accompagnement pour aider un employé à corriger ses lacunes.

Elle ne partage pas l’avis de l’étude selon laquelle les enseignants permanents seraient intouchables. En plus des plaintes, elle soutient que les directions d’écoles peuvent également contribuer à identifier les problématiques en se promenant dans les écoles.

Afin d’évaluer le personnel, la CSP s’est aussi dotée depuis trois ans d’un processus d’évaluation biannuel sur 12 critères. L’évaluation périodique des enseignants permanents est d’ailleurs une piste de solution avancée par l’IEDM.

«C’est une mesure bénéfique. Nous pensons que c’est un moment d’échange privilégié entre l’enseignant et la direction pour discuter de son développement professionnel, les besoins de formation et les succès pédagogiques», explique Mme Avon.

Plusieurs évaluations avant la permanence

Selon Mme Avon, le cheminement de l’enseignant avant l’obtention de sa permanence peut en partie expliquer l’absence de congédiements.  La CSP emploie beaucoup d’enseignants qu’elle a auparavant vus agir et qu’elle a déjà évalués pendant leurs stages.  Les nombreux contrats que les enseignants  doivent décrocher avant d’obtenir leur permanence sont également l’occasion d’évaluer les capacités ou les manquements.

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