19 juillet 2018
Au moins douze ans de pénitencier pour Alexandre Gendron
Par: Denis Bélanger
Alexandre Gendron lors de sa comparution au palais de justice de Saint-Hyacinthe en 2015.
Photo: Archives

Alexandre Gendron lors de sa comparution au palais de justice de Saint-Hyacinthe en 2015. Photo: Archives

Reconnu coupable de meurtre non prémédité de sa conjointe Cheryl Bau-Tremblay, Alexandre Gendron demeurera en prison jusqu’en 2027 avant d’être admissible à une libération conditionnelle, a tranché jeudi dernier le juge Daniel Royer au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Les avocats de la couronne et de la défense y sont allés d’une suggestion commune de 12 ans de prison. Incarcéré depuis le 6 août 2015, M. Gendron a donc presque déjà fait trois ans. Il sera aussi soumis à un test de prélèvement d’ADN et il lui sera interdit de posséder une arme à feu pendant dix ans après sa libération.

Le vide sera toujours là
Les dernières semaines ont été particulièrement émotives pour la mère de la victime, Nicole Bau, qui a témoigné pendant le procès et été présente au palais de justice jusqu’à l’annonce du verdict du jury. Le juge Daniel Royer a tenu à souligner la grande dignité qu’elle a démontrée durant tout le processus judiciaire. «Ses propos étaient empreints de sérénité et de modération, sans désir de vengeance envers M. Gendron. Cette attitude est remarquable compte tenu de l’évidence de la douleur de perdre un enfant, surtout victime d’acte criminel», a dit le magistrat.
Demeurant au Lac-Saint-Jean, Nicole Bau et les autres membres de la famille n’étaient pas sur place pour les représentations sur sentence. La famille a suivi le tout par vidéoconférence. Au lendemain de la peine, Mme Bau a confié à L’Œil Régional qu’une page était maintenant tournée, mais que le deuil ne sera jamais complètement fait et qu’un poids sur ses épaules sera toujours présent. «Je continue de faire vivre ma fille à chaque occasion que je peux, comme à Noël, a-t-elle dit. Je suis contente que le juge ait notamment tenu compte du fait qu’il avait caché le corps et menti.»
Nicole Bau aimerait rester sereine à l’endroit d’Alexandre Gendron. «La haine, ça gruge. J’essaie de transformer cette haine en indifférence. Ça demeurera toutefois celui qui a fait ce qui est arrivé à Cheryl.»

Ultimatum
Cheryl Bau-Tremblay, 28 ans, était enceinte de près de 20 semaines au moment du drame. La relation entre la victime et l’accusé s’est détériorée au mois de juillet alors que Gendron, un alcoolique, a fait une rechute. Une violente querelle est survenue le 24 août, laquelle a nécessité l’intervention des policiers. Mme Bau-Tremblay s’est réfugiée chez sa sœur à Magog et elle avait donné un ultimatum à son conjoint. Il devait cesser de boire avant le 1er août, sans quoi il devait quitter le domicile familial à Belœil. Au 1er août, la femme enceinte est revenue au domicile et y a trouvé la mort par strangulation. Le corps n’a été trouvé que quelques jours plus tard, caché par Gendron dans un sac de couchage sous le lit.
Durant le procès, Gendron a toujours nié son intention de tuer sa conjointe et clamait que sa mort était accidentelle. Dans son jugement sur la détermination de la peine, Daniel Royer a précisé que la preuve démontrait hors de tout doute raisonnable qu’il avait l’intention de causer des lésions corporelles tout en étant conscient qu’elles pouvaient entraîner la mort. Toutefois, le magistrat a noté que l’incertitude de la preuve scientifique ne permettait pas de prouver hors de tout doute raisonnable qu’il avait l’intention de tuer Cheryl Bau-Tremblay.

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