7 août 2019
Après 24 ans à Belœil, l’abbé André Nolin prend sa retraite
Par: Sarah-Eve Charland

L’abbé André Nolin quittera Belœil pour s’établir au séminaire de Saint-Hyacinthe le 1er septembre. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Le prêtre André Nolin donnera ses dernières messes à la fin du mois d’août à Belœil. Fier d’une carrière de 49 ans dans la prêtrise et d’une présence touchant 24 ans à Belœil, il part serein afin de prendre soin de sa santé.

Il a connu plusieurs problèmes de santé au cours des années. Il a notamment dû se remettre d’une opération pour un anévrisme et cinq pontages il y a près de 10 ans. Son médecin lui avait demandé de réduire ses heures il y a deux ans. Se rendant à l’évidence, il a choisi de prendre sa retraite qui sera effective le 31 août.

Il éprouve plusieurs fiertés en se remémorant ses années à Belœil. Bien des choses ont changé, observe-t-il. L’abbé Nolin croit bien avoir réussi à adapter les paroisses de la région aux nouvelles réalités. Notamment, près d’un an après son arrivée à Belœil, la région a fait face à la crise du verglas. La paroisse avait organisé une soirée de réflexion avec des intervenants et des tables rondes quelque temps après.

« On a invité toute la population. Devinez combien de personnes sont venues? Une personne. Les gens ne voulaient pas parler de ça. […] On s’est rendu compte que ce n’était pas comme ça qu’il fallait procéder. Il faut prendre les gens là où ils sont, comprendre ce qu’ils veulent. On a fait une grande réflexion avec l’équipe pastorale. On en est venu à se demander où étaient les gens. Ils ne viennent plus à la messe le dimanche. Ils sont où? », raconte-t-il.

Avec l’équipe pastorale, il a mis sur pied le parcours catéchétique qui débute dès le baptême et se poursuit jusqu’à la mort. « Les gens continuaient de venir aux baptêmes. On a décidé de les rencontrer à cet endroit. On a développé tout un parcours. Je suis très fier de ça. On a testé quelque chose. D’année après année, on augmentait notre programme. »

Une autre de ses grandes joies, c’est d’avoir collaboré à fusionner les paroisses Sacré-Cœur, Maria-Goretti et Saint-Matthieu. Ce regroupement a notamment permis d’avoir les moyens d’entretenir les églises et d’offrir tous les services.

« Il fallait apprendre à travailler ensemble. À l’époque, il y avait l’orgueil des paroisses. Il n’y avait pas vraiment de collaboration entre paroisses. Chacun avait son territoire. Les prêtres se parlaient, ils n’étaient tout de même pas des ennemis, mais il y avait une fierté dans chaque paroisse. Travailler à mettre trois communautés ensemble, c’était quelque chose », ajoute-t-il.

L’esprit de communauté s’est d’ailleurs révélé très fort en 2009 lorsqu’il a assisté à l’incendie majeur ayant terrassé Maria-Goretti. Après avoir tenu plusieurs consultations, le nouveau bâtiment à double vocation a été inauguré en 2014.

« Au niveau du diocèse, l’évêque ne comprenait pas ça. Il disait : “et bien, voyons donc, on ferme des églises partout, mais tu veux en construire une”. On a dit qu’on construisait peut-être l’église de l’avenir. Il y a des locaux pour la pastorale. On a construit une église extensible, qui peut s’ouvrir selon les besoins. Il y a des salles qu’on peut louer pour toutes les occasions », expose l’abbé Nolin.

L’église en évolution

L’église a évolué au cours des cinquante dernières années. « La population était canadienne-française, blanche, catholique, mentionne-t-il. On ne se posait pas de question. C’était la norme. Aujourd’hui, c’est bien différent. On parle de laïcité. La religion est devenue quelque chose de personnel. On est passé d’une église très structurée et structurante à une église peuple de Dieu et davantage centrée sur le monde. »

Bien qu’il n’ose pas se prononcer sur l’avenir de l’église, il estime tout de même qu’elle devra s’adapter davantage aux nouvelles réalités. « L’église a aujourd’hui un rôle spirituel. D’où on vient? Où on va? C’est quoi la mort? C’est quoi la vie? […] C’est ça le rôle de l’église aujourd’hui. C’est d’aimer le monde comme on s’aime soi-même. C’est de faire redécouvrir ça à des gens qui sont Me, Myself and I. »

Le prêtre Luc Richard, qui collabore depuis près d’un an auprès de la paroisse, prendra la relève. Une fête sera organisée le 25 août sur le terrain du Centre Trinité-sur-Richelieu où les citoyens sont invités à venir pique-niquer pour souligner la retraite de M. Nolin. Durant cette journée, il donnera une seule messe à 10 h 30 à l’église Saint-Matthieu. Toutes les chorales des trois églises y seront réunies pour l’occasion.

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