2 mars 2016
Anxiété au cégep: le tiers des étudiants anxieux
Par: L'Oeil Régional
Le Cégep de Saint-Hyacinthe offre une gamme de services pour aider les étudiants éprouvant de l'anxiété.

Le Cégep de Saint-Hyacinthe offre une gamme de services pour aider les étudiants éprouvant de l'anxiété.

Plus du tiers des cégépiens vivent de l’anxiété de façon régulière, révèle une étude menée auprès de huit cégeps de différentes régions du Québec dont celui de Saint-Hyacinthe.

Environ 35% des 12 208 cégépiens interrogés dans le cadre de cette vaste enquête sur les besoins en aide psycho-affectifs au niveau collégial disent éprouver de l’anxiété «souvent» et «tout le temps».

Le Cégep de Saint-Hyacinthe se situe autour de cette moyenne québécoise, indique la direction des communications du cégep maskoutain.

L’enquête démontre que l’anxiété chez les étudiants est beaucoup liée à la peur d’échouer et à la performance scolaire..

Un des deux auteurs de cette recherche, Robert Ducharme, professeur de psychologie retraité du Cégep de Saint-Jérôme, ne croit pas que le phénomène soit pire qu’avant. Selon lui, le passage vers l’âge adulte est une période difficile pour n’importe qui.

«À 16-20 ans ou 17-20 ans, c’est la période de la vie où on a le plus grand nombre de changements à vivre par rapport aux exigences de la société, particulièrement quand on touche aux dimensions comme les idéaux de réussite, la peur d’échouer ou l’incapacité de tolérer l’échec.»

Le désir de performer à l’école et la recherche de la perfection ont mené Valérie, une étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe, à vivre de l’anxiété. «J’ai été aux prises d’attaques de panique lors de mes cours. Je pleurais souvent, car je ne trouvais pas mon travail assez bon, ou je ne voyais pas le bout quand d’autres étudiants semblaient tout gérer», témoigne celle qui a été chercher l’aide nécessaire.

Pression des médias sociaux  

La pression de Facebook est maintenant un facteur important par rapport à l’anxiété et le stress, confirme Geneviève Despars, régisseure au service à la vie étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe.

«Ma lecture à moi, c’est qu’ils sont là-dessus beaucoup trop d’heures par jour. Donc, ils vont peut-être négliger de faire ce qu’ils ont à faire pour être capables de suivre tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Donc, ils prennent du retard dans leurs travaux», avance Mme Despars

Les réseaux sociaux entraînent aussi chez les jeunes la peur d’être constamment jugé par les autres, ce qui peut aussi provoquer de l’anxiété, expose Robert Ducharme.

Un sondage Léger/TVA/Journal de Montréal a d’ailleurs révélé la semaine dernière que 26% des jeunes de 18 à 24 admettent que la comparaison de leur vie par rapport à celle des autres sur les réseaux sociaux est une source de stress.

Prévention

Le Cégep de Saint-Hyacinthe mise beaucoup sur la prévention en collaboration avec le CISSS de la Montérégie-Est pour aider les cégépiens à gérer leur stress quotidien.

L’établissement scolaire outille les étudiants et les informe sur les services et les intervenants disponibles. Les professeurs peuvent aussi recevoir des formations pour être outillés face à ce genre de problématique.

Plusieurs étudiants vont aussi chercher de l’aide du côté de l’association étudiante qui les redirige vers les services déjà mis en place, indique son président Keven Brasseur. L’association étudiante a payé des formations à sa secrétaire afin de pouvoir mieux réagir auprès de cas d’anxiété.

En 2012-2013, 43 étudiants ont consulté auprès des services psycho-sociaux du Cégep de Saint-Hyacinthe pour des troubles anxieux. En 2014-2015, le nombre de consultations en lien avec l’anxiété s’est élevé à 53.

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