8 mars 2019
Antonio Di Lalla outille les humoristes du Québec
Par: Denis Bélanger

Antonio Di Lalla devant les locaux de l’École nationale de l’humour.  Photo Naomie Briand

Antonio Di Lalla d’Otterburn Park partage ses connaissances en langue française aux gens de tous âges et tous genres. Avant de partir chaque hiver en Haïti, il enseigne à l’École nationale de l’humour (ÉNH), et ce, depuis plus de 20 ans.

M. Di Lalla offre notamment le cours de langue française et création, qui permet aux étudiants de découvrir les différents registres de la langue française et de trouver celui qui convient le mieux à l’humoriste, tout en tenant compte de sa clientèle cible.

« Ma théorie est que la langue française se définit par 11 registres. Celui qui maîtrise la langue est celui qui est à l’aise dans tous ces registres, explique-t-il. Dans mon cours, j’enseigne qu’il y a trois groupes de registres, ceux qui expriment des émotions, ceux qui expriment des idées et des pensées et ceux qui enseignent l’expression esthétique et l’art. »

Des notions importantes à connaître, surtout si l’on veut réussir à faire éclater de rire son auditoire. « Il ne peut pas y avoir de rire sans émotion. Les registres des idées ne font pas appel aux émotions, mais plutôt les registres familiers, populaires et vulgaires. Il faut que l’humoriste en soit conscient pour qu’il choisisse sa clientèle cible et qu’il puisse utiliser efficacement son humour. Si l’humoriste ne fait que sacrer sur scène sans utiliser d’autres mots, ça ne sera pas drôle. »

M. Di Lalla a eu aussi pour mandat d’enseigner la transcription de l’écrit à l’oralité québécoise. « Le gag doit être efficace. Si on ne comprend pas, ou si on se pose des questions, il n’a plus de punch. C’est toute une richesse pour le Québec que d’avoir la seule école d’humour au monde de la francophonie. »
Antonio Di Lalla a été approché par la directrice et fondatrice de l’ÉNH, Louise Richer, pour enseigner le français lors d’un lancement de livre. Aujourd’hui, il est l’un des deux seuls enseignants de l’institution à ne pas être un praticien de l’humour.

Un bon coup pour l’école
Louise Richer ne tarit pas d’éloges sur Antonio Di Lalla qui, selon elle, a marqué tous les élèves qui sont passés à l’école depuis la première cohorte de l’expert en français. D’ailleurs, il est resté en contact avec plusieurs diplômés en leur offrant du suivi. « Il est assez fascinant de voir cet homme travailler. Il réussit à rembarquer tout le monde [dans la matière]. Il va notamment parler de l’histoire et de l’évolution de langue. »

 

M. Di Lalla a aussi réussi à sensibiliser son entourage de l’École sur la situation d’Haïti, lui qui est le fondateur du groupe humanitaire Action-Haïti. L’institution fait des campagnes annuelles. D’anciens élèves ainsi que Louise Richer ont même été en Haïti pour donner un coup de main. « C’est un homme riche qui ne professe pas. Personne n’est jugé, tout le monde est encouragé et se sent valorisé, peu importe d’où on part », renchérit Mme Richer.

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