13 novembre 2019
An afterthought
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

L’expression « après coup » ne me semblait pas appropriée pour parler des écoles. En anglais, on dit an afterthought pour parler d’une pensée un peu tardive dans un processus de décision. Par exemple : bâtir tout un quartier rempli de belles et douillettes maisons ou d’une série de condos huppés, puis se rendre compte un peu après les premières briques posées qu’on aurait peut-être dû prévoir une école au lieu d’un autre mini-centre commercial.

En même temps, ça sera la responsabilité du public; celle des commissions scolaires, des villes ou de la province. Ils se casseront la gueule à trouver un terrain pour une école.
La dernière rentrée scolaire nous a mis devant le fait accompli d’un manque de locaux. Les parents voisins de l’école au Cœur-des-Monts avalent encore de travers la décision unilatérale et incontestable de déplacer les enfants de maternelle hors de leur quartier pour mieux les ramener dans leur école de quartier l’année suivante, en première année. Et merde pour la consultation. On peut comprendre les parents d’être en colère! Nous y reviendrons sûrement.
Devant le futur manque de place annoncé dans les autres écoles, la Commission scolaire des Patriotes (CSP) demande au ministère de l’Éducation de prévoir, à court terme, la construction de trois écoles dans la région.
Et parmi ces demandes, l’une concerne une potentielle école à Belœil. C’est pour cette raison que la CSP s’est tournée vers l’administration municipale pour lui demander de trouver un terrain qui pourrait accueillir cette école. La Ville dit que c’est difficile d’en trouver un; la CSP dit que c’est la faute de la Ville de ne pas y avoir pensé. Une façon pour la CSP de dire que la Ville n’aurait pas dû seulement récolter le gros cash découlant de la hausse de la construction résidentielle, mais peut-être aussi préparer « l’après-construction ».
Du côté de la Ville, la mairesse Diane Lavoie souligne que la CSP « est un palier de gouvernement à part entière ». Sans lui faire dire ce qu’elle ne dit pas, c’est sûrement une façon pour elle de dire que la responsabilité de prévoir le coup revient peut-être plus à la CSP. L’hostilité risque de monter dans les prochaines semaines entre les deux paliers de gouvernement.
Et c’est là que ça m’amène. Je n’ai aucunement le goût de trouver un responsable à ce manque de vision. Déjà qu’en interrogeant la CSP et le Ministère, on se rend bien compte qu’on se lance la balle à savoir qui doit prévoir la hausse du nombre d’élèves en raison d’une hausse de la construction domiciliaire, une variable qui semblait échapper à tout le monde dans les derniers mois. Mais dans notre texte publié en page 4 cette semaine, ma collègue montre que le Ministère semble un peu plus enclin à tenir compte maintenant du développement résidentiel pour calculer ses projections du nombre de classes qui seront nécessaires dans les prochaines années. Ça éviterait peut-être à des élèves de quatre ans de se promener d’une école à l’autre…
Maintenant, est-ce que les promoteurs de grands projets devraient eux aussi être en partie responsables? Facile de construire des condos sans penser à l’impact sur la communauté. On les oblige déjà à céder une partie des terrains pour des fins de parcs, alors pourquoi ne pas pousser l’audace d’un cran? Ce n’est pas une proposition, mais plutôt une réflexion à voix haute en fin de texte. An afterthough.Me semble juste que l’éducation ne devrait pas être an afterthought.

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