27 juin 2018
Alexandre Gendron coupable
Par: Denis Bélanger

Alexandre Gendron a été eu reconnu coupable de meurtre au troisième jour de délibération du jury. Photo: Archives

Alexandre Gendron n’a pas tué sa conjointe Cheryl Bau-Tremblay par accident, le 1er août 2015 à Belœil, a tranché le jury la semaine dernière au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Le jury a reconnu l’homme de 38 ans coupable de meurtre non prémédité. Le dossier doit toutefois revenir devant les tribunaux en juillet pour la détermination de la peine.

Comme le stipule le Code criminel, une condamnation de meurtre au deuxième degré s’accompagne d’une sentence d’emprisonnement à vie, mais avec une possibilité d’obtenir une libération conditionnelle entre 10 et 25 ans d’incarcération. Le compteur à cet effet commence dès le début de la détention provisoire d’Alexandre Gendron, qui est derrière les barreaux depuis août 2015. Les représentations sur sentence doivent avoir lieu les 9, 10 et 12 juillet.
Il faudra aussi voir si Alexandre Gendron portera la cause en appel.

Les jurys réfutent la théorie de l’accident
En début de procès, Alexandre Gendron avait admis avoir provoqué involontairement la mort de sa conjointe qui était alors enceinte de 20 semaines de son enfant. Cet aveu faisait en sorte que le jury pouvait reconnaître Gendron coupable d’homicide involontaire. Dans ce cas-ci, la loi n’impose pas de sentence minimale.

Alexandre Gendron a toujours nié durant le procès son intention de tuer la jeune femme de 28 ans. Durant son témoignage, il a raconté qu’elle est décédée à la suite d’une querelle. En tentant de la maîtriser, pour éviter de recevoir à la tête une bouteille de parfum, Gendron se serait accroché les pieds sur un sac au sol, puis a jeté sa conjointe sur le lit qui a rebondi par la suite pour atterrir sur le plancher, selon ses dires.

Durant le procès, les problèmes de consommation d’alcool de l’accusé ont longuement été soulignés. Ce dernier a commencé à boire à un jeune âge et s’est retrouvé à l’hôpital à 21 ans pour consommation excessive. Il avait depuis fait plusieurs thérapies et rechutes. Le procès a permis d’établir que la dernière rechute de Gendron s’était produite quelque temps avant le drame, au terme d’un party de bureau d’Alexandre Gendron sur un bateau. S’est ensuivie une querelle le 24 juillet qui a nécessité l’intervention de la police. Cheryl Bau-Tremblay était partie par la suite chez sa sœur à Magog. Elle est revenue à la maison le 1er août 2015, le jour de sa mort. Le corps a été trouvé cinq jours plus tard dans un sac de couchage.

Morte étranglée
Le jury s’est davantage fié aux éléments de preuves présentés par les procureurs de la Couronne, Mes Pierre Goulet et Sandra Bilodeau. Le pathologiste judiciaire avait indiqué que la victime était morte asphyxiée par strangulation, soit étranglée par des mains, sans exclure d’autres causes. Puis il y a eu la lecture de messages textes envoyés à l’employeur de Gendron dans lesquels il écrivait «m’a la tuer» et donnait des instructions à son employeur sur la gestion de son argent et de ses outils. Plusieurs autres personnes ont témoigné durant le procès, dont la mère de la victime, Nicole Bau, qui préfère attendre la prononciation de la peine avant de commenter.

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