26 septembre 2018
Acmé derrière les décors d’Odysseo
Par: Karine Guillet
Le rideau recréant une forêt est la fierté d'Acmé. photo: Vanessa-Kay

Le rideau recréant une forêt est la fierté d'Acmé. photo: Vanessa-Kay

photo: gracieuseté

photo: gracieuseté

photo: gracieuseté

photo: gracieuseté

photo:gracieuseté

photo:gracieuseté

C’est dans un local du parc industriel de Belœil que le décor d’Odysseo a pris vie. Un défi de taille pour Acmé Décors, dont l’ensemble des artisans a été mobilisé pendant près d’un an pour la fabrication du «plus grand chapiteau du monde».

Deuxième production de Cavalia, Odysseo met en scène 70 chevaux et 50 cavaliers, artistes de cirques, musiciens et chanteurs.
Acmé Décors a signé la conception du chapiteau et des éléments scénographique. C’est un des plus gros projets sur lequel a travaillé l’entreprise.
C’est la famille Latourelle qui a d’abord approché la compagnie de Belœil avec un concept. Selon Sylvain Malo, fondateur et président d’Acmé, l’ampleur de projet a donné un bon défi à l’équipe, alors que chaque pièce prend des proportions gigantesques et demande des semaines de travail.

Défi équestre
En raison du caractère nomade de la méga production équestre, les décors devaient aussi être facilement démontables. Les artisans d’Acmé ont réfléchi longuement afin de trouver des solutions faciles d’assemblage. La présence des chevaux a aussi demandé une réflexion supplémentaire. «Il faut traiter scénographiquement ces bêtes-là dans un lieu où, à un certain moment, elles font le spectacle à elles seules, explique M. Malo. Les chevaux se promènent librement, il faut que tout soit pensé afin de les limiter sans que ça paraisse. La scénographie a quand même une bonne importance.»

L’équipe de conception de décor a aussi dû s’assurer qu’un animal ne serait pas blessé par un matériau trop dur s’il emboutit le décor. «Les chevaux peuvent être tentés de grignoter le décor, dit Luc Mantha, vice-président d’Acmé. Il fallait trouver des éléments de décor où les chevaux ne seraient pas tentés [d’aller manger des morceaux]. C’était un défi de l’acheteur de trouver de bonnes recettes pour que ce soit sécuritaire pour le feu et que, si les chevaux en mangent, ils ne soient pas malades.»

La fierté d’Acmé dans ce décor grandiose est sans contredit le rideau qui réplique une forêt qui s’ouvre sur la scène. L’œuvre de 83 mètres de long, entièrement construite à la main, a fait appel au savoir-faire d’une dizaine d’artistes d’Acmé, qui y ont travaillé pendant quelques mois pour donner aux spectateurs l’illusion qu’une véritable forêt se meut devant leurs yeux.
«On a développé des technologies de support pour y arriver, explique Sylvain Malo. Tous ces boudins-là, dans les airs, ça ne tiendrait pas. Il a fallu développer un filet qui permet de soutenir ces arbres-là. On a l’impression que les arbres flottent dans les airs, mais au final, ils sont montés sur une grande toile qu’on ne voit pas.»

 

Changement de direction
Selon M. Malo, le concept original pour la scénographie devait se déployer autour d’un décor inspiré de l’architecture de Gaudi. L’équipe d’Acmé a travaillé quelques mois à développer ce concept avant que Cavalia ne décide de s’orienter davantage vers un décor plus naturel. «Dans notre tête, on s’en allait là-dessus jusqu’à ce que la scénographie et M. Latourelle nous disent que ce n’était pas ça. Des chevaux, ça vit dans les plaines, pas dans l’architecture. Il a fallu se virer de bord. On a recommencé au complet.»
L’équipe a aussi dû relever un défi de taille, alors que le producteur du spectacle tenait à avoir de l’eau sur scène durant la seconde partie du spectacle. Les créateurs ont dû trouver une manière d’amener l’eau sur scène, réfléchir à l’endroit où la ranger et s’assurer qu’elle soit à une température adéquate pour les animaux.

En pleine croissance
Situé dans le quartier industriel de Belœil, Acmé Décors emploie 45 personnes. Les spectateurs ont pu admirer leur savoir-faire au cours des dernières années dans les productions du Cirque Éloize et du Cirque du Soleil (dont Toruk, spectacle inspiré d’Avatar), du Cirque Monaco, sur les scènes de différents théâtres et dans huit décors de Radio-Canada, dont Acmé est le fournisseur officiel depuis les dernières années. Ils ont aussi travaillé pour les décors du projet Fear the Walking Dead Survival, de Triotech, à Las Vegas, et sur les mosaïcultures internationales de Gatineau.
Mais la compagnie est victime de son propre succès et doit refuser des projets par manque de main-d’œuvre. «Le téléphone ne dérougit pas, mais là, on se rend compte qu’on a de la difficulté à recruter», constate Sylvain Malo.
M. Malo estime que le chiffre d’affaires de la compagnie a presque doublé en un an. Cette hausse est principalement attribuable au secteur muséal, alors que la compagnie a réalisé une quinzaine d’expositions au cours des dernières années, et du domaine de la télévision.
La compagnie recherche d’ailleurs des soudeurs, des menuisiers, des ébénistes, des peintres et des sculpteurs.
La caompagnie mise sur la diversité des projets pour recruter. Elle est aussi ouverte à engager des personnes retraitées qui souhaiteraient travailler à temps partiel. «Si quelqu’un est tanné de faire tout le temps la même chose, il a juste à venir ici et ce ne sera pas ça. C’est Noël tous les jours!», lance-t-il.

image