3 avril 2019
Accro
Par: Vincent Guilbault

L’un des premiers signes d’une dépendance? Le déni, bien sûr.

Chaque fois que je croise Frédérick Fortier, directeur du centre en prévention des dépendances L’Arc-en-ciel, il me nargue sur ma dépendance aux écrans. C’est que j’ai échoué à compléter la première édition du défi de la Semaine sans écran. Je lui réponds tout de même que je ne suis pas accro aux écrans.
Mais si je suis conséquent avec moi-même, je dois avouer que je suis salement accro. Je regarde mon cell en me levant le matin avant même d’ouvrir la lumière. Je déjeune avec mon cell en main.
Si je m’emmerde, j’ouvre ma console de jeu Xbox. J’écris ce texte sur mon écran (attendez, je viens de recevoir un texto, sans blague).
Ok, je disais?
Les écrans envahissent ma vie. Je pourrais croire que non, parce que je me suis imposé des limites dans mon utilisation des écrans, comme de profiter du souper en famille sans téléphone et de ne pas ouvrir la télé avec les enfants la semaine.
Et pourtant, c’est justement parce que je dois me contrôler que ça montre d’une certaine façon le problème.
L’humoriste Laurent Paquin blaguait sur sa dépendance à la nourriture en se comparant à un drogué. La différence, c’est que la solution à la dépendance de la drogue peut passer par le sevrage. C’est impossible avec la bouffe; même l’accro à la malbouffe doit quand même continuer de manger.
Même chose avec l’écran. Il m’est impossible de ne pas travailler avec un ordinateur ou un téléphone.
Et vous faites surement partie du groupe.
D’où l’idée de ne plus se priver des écrans, comme le suggérait l’Arc-en-ciel en 2015 avec sa Semaine sans écran. Cette fois, l’organisme propose plutôt de réduire sa consommation.
Depuis 10 ans, les Québécois lisent 3 livres de moins par année (de 19 à 16), soulignait La Presse en 2016. Ce n’est peut-être pas corolaire, mais notre consommation du cellulaire avant de se coucher y est peut-être pour quelque chose. Le Défi débranche le fil est peut être le moment idéal d’y songer et de peut-être renverser la vapeur. Je me joins donc à l’organisme pour vous inviter à songer à votre consommation d’écran. À discuter avec votre entourage de télévision, cellulaire et jeux vidéo.
Ah oui, pour terminer, juste une anecdote sur les jeux vidéo. Je suis embarqué avec un groupe de joueurs sur ma console pour jouer en ligne au très violent et graphique jeu Call of Duty. Pendant la partie, mon groupe trouvait que l’un des joueurs avait une petite voix (grâce à la magie du casque d’écoute et du jeu en ligne).
Il avait 9 ans. Le jeu est destiné aux 17 ans et plus aux États-Unis en raison de la violence. Mon garçon a 7 ans et je ne le laisserais même pas me regarder jouer. Voilà, une petite réflexion pour les parents de gamers. Tsé, votre garçon prépubère joue peut-être avec un adulte de 36 ans en ce moment dans votre sous-sol. Parfois (souvent?), le problème de l’écran, c’est celui qui l’utilise…

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