25 mai 2018
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Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

En janvier 2014, L’Œil Régional publiait un article sur des allégations de perte de temps chez les cols bleu de Belœil.

À l’époque, trois employés avaient accepté, sous le couvert de l’anonymat, de révéler plusieurs problèmes dans la gestion du service.
À la suite du reportage, les élus avaient décidé d’engager le consultant en entreprise Pierre Lafrance, qui devait analyser le fonctionnement du système et proposer des améliorations.
Ce rapport n’a pas été rendu public. Pour en découvrir le contenu, un de nos journalistes avait entrepris une démarche auprès de la Commission d’accès à l’information du Québec pour obtenir une copie du rapport. Notre volonté était d’informer la population sur le fonctionnement d’un service entièrement financé par le public.
C’était en 2014. Quatre ans plus tard, nous n’avons toujours pas reçu une copie du document. Nous avons décidé cette semaine d’abandonner les démarches juridiques, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, le journaliste ne travaille même plus ici; il continuait ses démarches par solidarité journalistique. Mais lui demander de persister devant le tribunal me rendait mal à l’aise.
Aussi, quatre ans plus tard, nous avons estimé que le document n’était plus pertinent. Le service des cols bleus a sûrement changé; et même s’il n’a pas changé, le rapport dépeint une réalité vieille de quatre ans.
Non, le document était pertinent en 2014, peut-être en 2015.
Alors pourquoi ce document n’a-t-il pas été remis aux journalistes? Pour deux raisons. D’abord, les délais devant la commission sont interminables. Il peut s’écouler plusieurs mois entre deux étapes du processus.
La deuxième raison, c’est que Belœil s’est toujours opposée à la divulgation du document. L’avocat de la Ville a redoublé de finesse pour trouver des failles dans la demande de mon collègue, allant jusqu’à prétendre qu’il ne pouvait pas parler au nom de notre journal parce qu’il n’était pas le président de la compagnie. Une idée farfelue qui n’a pas tenu la route, mais qui a permis au sablier de s’écouler beaucoup plus lentement. Quatre ans plus lentement.
Je persiste à croire que la loi nous aurait donné raison, mais nous ne le saurons jamais, puisque c’est l’usure du temps qui l’emporte.
Je profite donc de ce texte pour relancer les gens du service des cols bleus. Peut-être pourront-ils nous dire si les choses ont bien changé?
J’écris aussi ce texte pour une deuxième raison. Un bras de fer semblable commence à se dessiner avec la Ville de Mont-Saint-Hilaire. Depuis quelques années, les sommes d’argent dépensées en frais d’avocats de la Ville ont bondi (nous y reviendrons). C’est peut-être justifié, mais c’est difficile à dire puisque la Ville refuse de nous dévoiler les montants sur une base mensuelle, comme le font la plupart des autres Villes. Notamment sous le prétexte du secret professionnel, les Hilairemontais ne peuvent pas connaître les montants dépensés en frais d’avocat dans une cause ou même le mois dernier. Pourquoi? Faudrait leur demander. C’est quand même votre argent.

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