3 mai 2018
Baby-Sitter au Centre culturel de Belœil
Aborder le sexisme avec humour et intelligence
Par: Olivier Dénommée

Comédie signée Catherine Léger et mise en scène par Philippe Lambert, Baby-Sitter aborde le sujet brûlant d’actualité du sexisme et du féminisme. Après une soixantaine de dates partout au Québec, la pièce s’arrête au Centre culturel de Belœil pour en faire rire et réfléchir plusieurs.

La prémisse de la pièce est basée sur un fait vécu, où un homme a fait une blague sexiste devant caméra, ce qui lui a coûté son emploi. Le frère de Cédric (David Boutin), le journaliste féministe Jean-Michel (Steve Laplante), le convainc de s’excuser en écrivant un livre et la blonde du fautif, Nadine (Isabelle Brouillette), doit gérer avec l’imbécilité de son geste et son accouchement récent. L’arrivée de la baby-sitter (Victoria Diamond) bouleversera les choses et mettra de l’avant les imperfections de chacun.
«L’auteure s’est aventurée dans des zones peu abordées et met en place beaucoup de clichés sur les relations homme-femme», note la comédienne Isabelle Brouillette en entrevue. Elle précise que les deux rôles féminins se démarquent, n’étant pas «des personnages émotifs ou hystériques» comme dans bien d’autres œuvres théâtrales. La pièce permet de surprendre le spectateur, confronté à un sujet plus que sensible avec «humour et intelligence et beaucoup de répartie», soutient-elle. Elle nuance toutefois: Baby-Sitter n’est pas un procès ni une morale faite à qui que ce soit!

Toujours d’actualité
On a l’impression que la pièce a été écrite hier tellement les thèmes sont brûlants d’actualité, mais la création date déjà d’il y a deux ans. «Ils sont mis de l’avant ces jours-ci, mais les thèmes du sexisme et du féminisme sont d’actualité depuis toujours!» Alors que certaines compagnies de théâtre se font pointer du doigt pour leur manque de parité, Baby-Sitter n’a pas ce problème. «Je pense que c’est une coïncidence, mais ça donne un certain équilibre dans la dynamique de la pièce. L’auteure soulève des questions comme les choses que peuvent se permettre les femmes, mais que les hommes ne peuvent pas, par exemple», poursuit Isabelle Brouillette.
Le public est très réceptif à ses interrogations. «Ce qu’on entend le plus souvent, ce sont les gens qui nous disent “je ne sais plus quoi penser” à la fin de la pièce. Avec Baby-Sitter, on brasse les idées reçues des gens et on les fait rire de toutes les couleurs», assure l’actrice.
La représentation belœilloise sera la dernière de la tournée printanière. Ce sera donc la dernière occasion avant plusieurs mois d’assister à cette pièce qui «se savoure comme un bonbon», promet la comédienne. Elle a lieu le vendredi 4 mai, dès 20h, au Centre culturel.

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