31 octobre 2019
À micro fermé
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

C’est souvent dans les conversations « officieuses » que l’on apprend le plus la vérité. On a ces conversations lorsqu’on a des craintes de s’exprimer clairement. Et dans le dossier de la carte Accès Belœil, les interlocuteurs semblent craindre le pouvoir de la Ville de Belœil.

Pas que la Ville soit tyrannique, loin de là. Enfin, je pense. Je ne négocie pas avec « la ville centre » de la Vallée-du-Richelieu. Mais la Ville en mène large dans la région, d’abord par son poids démographique et son offre de services municipaux.
Ok, aucune théorie du complot ici, mais juste un feeling. Pourquoi? À cause de la carte.
Ce sont d’abord des membres d’organismes à but non lucratif qui nous ont mis la puce à l’oreille. « La carte fait des mécontents, tu devrais en parler à un tel. Paraît que le président de tel organisme est en tabarnak. »
Nous avons réussi à parler à quelques membres d’organismes qui nous ont avoué tout le mal qu’ils pensaient de cette carte de 75 $ que doivent se procurer les résidents des villes avoisinantes. Une carte qui impacterait le membership des organismes. Mais certains organismes ont refusé de prendre la parole publiquement. Pourquoi? Parce qu’ils sont en relation perpétuelle avec la Ville, souvent dans un rapport de force inégal, ou une position de « quêteux », par exemple pour obtenir un bon prix pour la location d’un local.
Est-ce que la Ville pénalise les organismes trop loquaces ou critiques? Encore, pas que je sache. Mais malgré tous les processus légaux et balisés, il reste que derrière le système, on retrouve des humains. Et si on doit choisir entre deux organismes lors de l’octroi d’une subvention, qui dit qu’on n’aura pas tendance à favoriser le « bon organisme »?
Reste que certains organismes ont pris la parole pour condamner cette carte dans notre édition du 9 octobre. Mais sachez que dans l’ombre, plusieurs autres organismes ruminent silencieusement.
Même chose chez des élus des autres villes, conseillers municipaux ou même maires. Quelques élus ont accepté de parler de la situation de cette carte à notre collègue journaliste. Mais à micro fermé, certains élus sont un peu plus critiques de la décision unilatérale de Belœil d’imposer une carte de 75 $ aux non-résidents. Certes, on sent cette critique dans les témoignages. Mais en « off the record », le ton est un peu plus dur.
La Ville peut bien évoquer de nombreuses raisons financières pour justifier la carte. J’en suis. Mais l’arrivée surprise de cette carte irrite. Et en attendant une vraie régionalisation des services de loisirs et des organismes à but non lucratif (qui n’est pas pour demain), elle va continuer de faire jaser. Parfois à micro fermé!

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