12 juin 2018
Mont Saint-Hilaire
40 ans pour la Réserve de la biosphère
Par: Karine Guillet
Le Centre de la nature travaille également à peaufiner une exposition virtuelle sur la Réserve de la biosphère du mont Saint-Hilaire, confirme Geneviève Porier-Ghys.
Photo: Karine Guillet

Le Centre de la nature travaille également à peaufiner une exposition virtuelle sur la Réserve de la biosphère du mont Saint-Hilaire, confirme Geneviève Porier-Ghys. Photo: Karine Guillet

La plus vieille réserve de l’Unesco au Canada pourrait s’offrir un beau cadeau pour son quarantième anniversaire, alors qu’elle demande un élargissement de son territoire d’action avec le renouvellement de son statut de Réserve de la biosphère.

Désignée en 1978 «Réserve de la biosphère» par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en raison de sa richesse géologique, le mont Saint-Hilaire constitue aujourd’hui la plus vieille et la plus petite réserve de la biosphère canadienne. Pour conserver son statut, la région doit réussir un processus d’évaluation à toutes les décennies. Deux évaluatrices ont d’ailleurs visité la région durant trois jours et ont fait un rapport de visite qui sera envoyé à la Commission canadienne de l’UNESCO.
«L’examen périodique est un moment pour prendre une pause, regarder ce qui s’est fait dans les dix dernières années, de voir par rapport aux objectifs internationaux où on se situe, ce qui a changé par rapport à la réserve du mont Saint-Hilaire et où on veut aller pour les dix prochaines années», explique Geneviève Poirier-Ghys, responsable de la conservation au Centre de la nature du mont Saint-Hilaire.
Une des recommandations de cette évaluation périodique est de modifier territoire d’action de la Réserve, qui s’étend aujourd’hui dans huit municipalités, de Carignan jusqu’à Saint-Denis-sur-Richelieu, et est délimité par les rivières Richelieu et des Hurons. L’une des propositions préliminaires serait de l’agrandir jusqu’aux limites des municipalités coupées par la rivière des Hurons ou d’étendre le territoire pour qu’il se rapproche des autres réserves qui bordent le Richelieu, ce qui permettrait une meilleure connectivité. Le Centre de la nature ne sait pas encore quelle proposition sera retenue.

Réussites
L’enjeu le plus important au mont Saint-Hilaire reste la conservation de la biodiversité, alors qu’on ne compte que 18 % de milieux naturels à l’échelle de la réserve. D’ailleurs, à ce chapitre, le Centre de la nature a de nombreuses réalisations à son actif, ayant réussi à protéger à perpétuité plus de 40 millions de pieds carrés de milieux naturels, à répertorier 1000 espèces et à planter plus de 15 000 arbres.
Parmi les défis des années à venir, le Centre de la nature souhaite travailler à solidifier le lien entre les citoyens et la nature, afin de traduire l’attachement des gens en engagement concret. «On l’a vu avec le ski de fond, les gens sont attachés à la montagne, mais aussi à la région. Ils sont attachés au territoire, au paysage. Ils veulent faire partie des solutions», croit Mme Poirier-Ghys.

Faire connaître son statut particulier
Il faudra aussi faire rayonner davantage ce statut de Réserve de la biosphère, alors que bien des gens ne savent pas qu’ils vivent dans une Réserve de la biosphère. D’ailleurs, le Centre de la nature a commencé les démarches en ce sens, en demandant aux municipalités membres d’afficher leur appartenance à la réserve pour souligner le 40e anniversaire. «Pendant plusieurs années, on ne parlait pas de Réserve de biosphère, on agissait. C’était notre leitmotiv, explique Geneviève Poirier-Ghys. On travaillé en conservation, en restauration des milieux naturels. On a travaillé comme une réserve de la biosphère, mais sans jamais mettre le drapeau de l’UNESCO. Maintenant, il faut peut-être bâtir sur ce qu’on a fait pour que les gens le sachent au minimum.»

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