27 janvier 2021
1,3 milliard
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

La distribution du journal de propagande The Epoch Times à nos portes est la nouvelle qui vous a le plus fait réagir sur les médias sociaux. Naturellement, ce type de nouvelle insolite a tout pour être viral, mais ça montre quand même notre intérêt pour les questions de désinformation, de complotisme et de fausses nouvelles.

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Rappelons que ce journal, qui se donne des allures de média d’information, est essentiellement surtout un ramassis d’opinions propa- gandistes qui cible le parti communiste chinois. Je veux dire, je n’ai pas une sympathie manifeste envers le parti politique chinois unique, mais je me demande vraiment en quoi ça pourrait intéresser le commun des Belœillois ou des Hilairemontais.

Peut-on vraiment nous convertir en critiques acerbes de la gouvernance chinoise; ça servirait à quoi de toute façon?

Par contre, ça fait partie du « bruit » ambiant. Ça laisse traîner des idées malsaines. Ça fait encore une fois le jeu des propagandistes et complotistes. Le contraire de la censure : nous ensevelir sous une tonne d’informations au point où ça devient difficile de départager le vrai du faux du probable.

Ces efforts tentent encore de fragiliser la ligne entre la vérité et le mensonge. Et cette ligne me fascine depuis un temps. En fait, depuis l’ère Trump, elle m’obsède. J’écoute beaucoup trop de vidéos de complotistes pour essayer de comprendre le phénomène. Et depuis la défaite de Trump (et surtout depuis son bannissement de Twitter), les experts pourront sûrement nous confirmer que le phénomène des fausses nouvelles et des complots en a pris pour son rhume. Mais il reste que certains gourous québécois comme Alexis Cossette-Trudel ou les frères Tadros, si bien pointés du doigt au Bye Bye 2020, continuent de sévir. Pire, leurs propos deviennent à la limite dangereux, allant jusqu’à renier même des vérités comme la victoire de Joe Biden ou les émeutes du Capitole.

Si Cossette-Trudel a été banni de YouTube, les frères Tadros continuent, eux, de sévir, tout en nous rappelant l’existence d’un lien vers leur compte PayPal pour qu’on puisse leur faire un don. C’est le prix de la liberté de pensée!

Mais il y a un moment où il faudra arrêter de bannir et penser à poursuivre ou prendre des mesures légales. Parce que leurs propos ne sont plus seulement des fabulations; ils causent des torts réels. C’est pour cette raison que je me réjouis de la poursuite de 1,3 milliard $ déposée par l’entreprise canadienne Dominion Voting Systems contre l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani. Sur plusieurs médias et plateformes, l’avocat a répété sans preuve que les systèmes de vote électronique de l’entreprise avaient participé à la « fraude » pour faire gagner les démocrates lors des élections américaines.

En plus d’entacher sa réputation, l’entreprise prétend même que les propos de Giuliani l’ont forcée à dépenser environ 500 000 $ pour protéger des employés contre le harcèlement par des partisans pro- Trump. Ça prenait bien un Canadien pour faire la leçon à nos voisins sur les valeurs américaines de la liberté et de la justice!

Beaucoup trop de gens se drapent de la liberté d’expression pour déblatérer leurs mensonges. Et je ne veux pas les faire taire, comprenez-moi bien, ni même limiter leur droit de parole. Mais peut-être les forcer à étayer ce qu’ils prétendent lorsqu’ils se filment et publient leurs vidéos sur YouTube. Et peut-être leur rappeler le prix de la liberté : environ 1,3 milliard $.

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