11 août 2017
Une intersection problématique
Par: Karine Guillet
Pas moins de 15 900 automobiles empruntent chaque jour ce tronçon routier, selon les estimations du MTQ.

Pas moins de 15 900 automobiles empruntent chaque jour ce tronçon routier, selon les estimations du MTQ.

L’intersection des routes 227 et 116, à proximité du passage à niveau où un octogénaire a perdu la vie la semaine dernière, après que sa voiture ait été happée par un train de passagers, est le théâtre d’une dizaine d’accidents depuis les dernières années. La municipalité de Sainte-Madeleine est préoccupée par la situation.

«C’est toujours un sujet de discussion», lance le maire de Sainte-Madeleine, André Lefebvre.

Depuis 2001, deux autres accidents sont survenus au passage à niveau du rang Saint-Simon, en 2005 et 2006, dont un avait coûté la vie à Thérèse Hébert et Germain Morissette. Le Bureau de la sécurité des Transports du Canada (BST) confirme pour sa part qu’il s’était déjà rendu à trois reprises sur à cet endroit pour collecte de données.

De plus, à l’intersection du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier et du rang Saint-Simon, le ministère des Transports du Québec a recensé pas moins de 25 accidents au cours des cinq dernières années, dont sept ont fait des blessés légers. Le MTQ y avait d’ailleurs fragilisé les feux de circulation, pour éviter que les automobilistes ne se blessent en cas de collision, avait-il déjà confirmé à l’Œil Régional.

Barrière toujours problématique

À la suite du décès de Thérèse Hébert et Germain Morissette à ce passage à niveau, en 2006, le coroner René-Maurice Bélanger concluait que la configuration de l’intersection était problématique et recommandait au Canadien National (CN) et au MTQ d’améliorer l’intersection.

M. Bélanger se questionnait notamment sur la possibilité d’ajouter une bretelle d’accès pour permettre aux automobilistes circulant sur Saint-Simon en direction Sud de rejoindre la route 116 en direction Mont-Saint-Hilaire. La porte-parole du Ministère, Josée Séguin, soutient toutefois qu’il n’était pas possible de faire cet aménagement en raison d’un manque d’espace.

Après l’accident de 2006, le CN avait d’ailleurs ajouté un système de lumières, allongé et réaligné la barrière du passage à niveau du côté de la 116 pour la rendre parallèle à la route. Selon le maire, même si la barrière a été allongée, des automobilistes continuent de la contourner en passant dans la voie inverse. «C’est simplement que les gens ne sont pas patients», observe-t-il.

Le MTQ a réalisé cet hiver des travaux de resynchronisation des feux de circulation et de la lumière pour piéton, auparavant de trop courte durée. «Il y a eu des opérations pour améliorer la visibilité et la lisibilité des feux à l’intersection de la 116 et de la 227», ajoute la porte-parole du MTQ, Josée Séguin. Le MTQ avait ajouté et déplacé des têtes de feux de circulation.

Le député caquiste de Borduas, Simon Jolin-Barrette, s’est entretenu cette semaine avec le maire de la municipalité. «On va regarder ça avec le MTQ, le CN et l’ensemble des intervenants au dossier. Je suis très ouvert à rendre l’intersection la plus sécuritaire possible suite aux recommandations.»

Camion lourd

Le maire de Sainte-Madeleine observe aussi une problématique en raison des poids lourds qui transitent de Saint-Jean-Baptiste vers la 116. «Souvent, il y a des accrochages parce que quand les vannes tournent pour aller sur la 116, ils accrochent les poteaux de lumière, affirme le maire, qui confirme qu’un camion avait d’ailleurs renversé les poteaux de circulation la veille même de l’accident mortel.

André Lefebvre observe aussi que les véhicules lourds n’ont aussi souvent pas d’autre choix que d’empiéter sur le trottoir pour tourner dans le village. Le maire souhaiterait que la circulation lourde soit plutôt déviée vers le chemin Benoit, configurée pour ce genre de transport.

Pas moins de 15 900 automobiles empruntent chaque jour ce tronçon routier, selon les estimations du MTQ. Photo : Archives

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