Un départ précipité


Publié le 24 février 2017

©Â©2016 Denis Germain - photographie sur le v if

ÉDITORIAL. Nous écrivons encore sur les mêmes problèmes reliés à la direction générale. Otterburn Park se retrouva cette fois sans directeur général, le plus important poste cadre d'une ville.

Ça serait curieux si ce n'était du contexte malsain qui semble régner à l'hôtel de ville. Vincent Guilbault

Depuis des mois, la Ville est en guerre juridique avec son ancien directeur, Daniel Desnoyers. En trois mois seulement, la ville a dépensé plus de 28 000$ pour tenter de le congédier avec la firme Dunton Rainville; et le dossier est loin d'être réglé. À leur défense, les élus actuels ne sont pas les premiers à en débattre avec M. Desnoyers. Les relations houleuses entre le DG congédié et d'anciennes administrations sont connues.

Otterburn Park a déjà employé deux directeurs généraux (Daniel Decary et Daniel Desnoyers) en même temps, dans un étrange flottement à savoir lequel resterait en poste. Ça s'est bien mal terminé.

L'administration actuelle a décidé de congédier le directeur, sans l'unanimité (ce que je trouve un peu cavalier). Puis la Ville s'est tournée vers un consultant pour le remplacer, Jacques Malenfant, le temps de mener le dossier du congédiement de Desnoyers.

Au moins, on avait une certaine stabilité, si j'ose dire. Mais voilà que M. Malenfant quitte son remplacement dans d'étranges circonstances. Tout est fait derrière les murs de la mairie. Mais plusieurs échos et sources font état d'un malaise ou même de problèmes en lien avec la direction. Surtout, les élus semblaient divisés sur la façon dont partira le directeur par intérim.

Dans sa lettre à la mairesse, dont L'Œil a obtenu copie, le directeur intérimaire Malenfant affirme démissionner en raison des délais dans le congédiement de M. Desnoyers, dus en partie par la grève des juristes québécois.

Pourtant, les élus ont décidé de précipiter son départ lundi soir. Ça serait curieux si ce n'était du contexte malsain qui semble régner à l'hôtel de ville. Je dis «semble», puis que tout est dit à mi-voix.

Nous avions commencé à fouiller un peu ce climat avec mon collègue, mais il semble que tout prend fin abruptement. On tourne la page et la Ville se retrouve sans directeur. C'est peut-être mieux ainsi.

Je me suis fait souvent accuser d'être malhonnête envers les élus d'Otterburn Park. En fait, je n'ai aucun ressentiment envers aucun élu, de cette ville ou d'une autre. Je reconnais leur travail difficile. Malgré les choses dures que j'ai pu écrire ici, j'admets que je n'aurais pas voulu hériter d'un dossier comme la tour Telus qui, soyons francs, fera mal paraître l'administration en place peu importe la décision prise. Je suis très mal placé pour faire la leçon; je dirais seulement que j'espère que tout rentrera dans l'ordre et que les tribulations à la direction générale cesseront. C'est la population et les employés qui en ressortiront gagnants.