«Pourris»: le ton monte à l'Assemblée nationale

Publié le 24 mars 2016

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

©La Presse Canadienne

POLITIQUE. Le Parti libéral du Québec s’est fait traiter de «pourri», mercredi, tandis que l’impartialité du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a été remise en question.

:Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault (photo), a ouvert le bal, en Chambre, en laissant tomber que le PLQ était un «parti de pourris».

Ses propos prononcés hors-champ ont été captés par les micros du Salon bleu durant la période des questions, mais M. Legault a récidivé par la suite, lors d’un point de presse.

«Il y a de l’argent sale qui est au Parti libéral donc on peut dire que le Parti libéral est pourri», a-t-il dit.

Mercredi, la CAQ a demandé aux libéraux de mettre de côté la totalité du financement politique reçu entre 1998 et 2011 par l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, arrêtée la semaine dernière par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Legault veut empêcher les libéraux de faire la prochaine campagne électorale avec cette somme de 1 M$, en soutenant qu’une partie provient de dons présumés illégaux.

Selon le chef caquiste, le premier ministre Philippe Couillard doit accepter de rembourser les sommes potentiellement illégales au-delà de la période de prescription prévue à la loi électorale, qui est actuellement de cinq ans.

«On est dans une situation où un parti a récolté beaucoup d’argent de façon illégale, a-t-il dit. Il y a des accusations qui sont tombées, il y a une vice-première ministre qui a été arrêtée jeudi dernier, mais malgré cela, on a un chef du Parti libéral qui nous dit: moi je ne rembourserai pas l’argent avant 2011.»

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a utilisé les mêmes termes que M. Legault, lors d’un point de presse où il a estimé à 20 M$ la valeur des contributions illégales reçues par le PLQ depuis 1996.

«Un parti qui a obtenu un financement illégal, possiblement autour de 20 M$, qui ont coûté combien de centaine de millions ou milliards aux Québécois, on ne le sait pas parce qu’il y a des contrats qui ont été truqués à cause de ça, ça s’appelle un parti pourri», a-t-il dit.

En sortant de la période des questions, le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a affirmé qu’il avait entendu les propos de M. Legault.

M. Fournier a cependant refusé de commenter la phrase du chef caquiste, en plaidant qu’il veut contribuer «à un climat de respect». «J’ai entendu et je ne veux pas le commenter», a-t-il dit.

M. Legault a laissé tomber que les libéraux étaient pourris en Chambre, alors que les représentants de l’opposition se heurtaient aux limites imposées par le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, dans leur débat concernant les retombées de l’arrestation de Mme Normandeau.

M. Chagnon a invoqué à plusieurs reprises les dispositions de l’article 35 du règlement de la Chambre, qui interdit aux députés de «parler d’une affaire qui est devant les tribunaux».

M. Khadir a affirmé que les interventions de M. Chagnon, qu’il a rapproché de celles des leaders du gouvernement, nuisent à sa confiance envers la présidence de la Chambre.

«Il y a des choses qui minent ma confiance, a-t-il dit. Quand je vois avec le président se lever avec le même empressement que le leader de du Parti libéral ou son adjoint, ça crée un malaise. Il faut surmonter et balayer ce malaise.»

Québec solidaire a écrit à M. Chagnon afin d’exiger un avis juridique indépendant pour administrer les débats en fonction de l’article 35.

«La présidence est trop prudente, sous la pression probablement du parti au pouvoir, a-t-il dit. Et la présidence n’a pas à plier devant le parti au pouvoir. Pour être au-dessus de cette perception, la présidence devrait appuyer ses décisions sur un avis juridique d’un expert indépendant.»

M. Legault a demandé une rencontre avec M. Chagnon afin d’éclaircir son interprétation des règles parlementaires à ce sujet.

«Ça n’a pas de bon sens qu’on ne puisse pas poser de questions sur Nathalie Normandeau, sur l’argent qui a été amassé illégalement par le Parti libéral parce que c’est devant les tribunaux», a-t-il dit.

La Presse Canadienne

«Pourris»: le ton monte à l'Assemblée nationale

Publié le 24 mars 2016

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

©La Presse Canadienne


POLITIQUE. Le Parti libéral du Québec s’est fait traiter de «pourri», mercredi, tandis que l’impartialité du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a été remise en question.

:Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault (photo), a ouvert le bal, en Chambre, en laissant tomber que le PLQ était un «parti de pourris».

Ses propos prononcés hors-champ ont été captés par les micros du Salon bleu durant la période des questions, mais M. Legault a récidivé par la suite, lors d’un point de presse.

«Il y a de l’argent sale qui est au Parti libéral donc on peut dire que le Parti libéral est pourri», a-t-il dit.

Mercredi, la CAQ a demandé aux libéraux de mettre de côté la totalité du financement politique reçu entre 1998 et 2011 par l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, arrêtée la semaine dernière par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

M. Legault veut empêcher les libéraux de faire la prochaine campagne électorale avec cette somme de 1 M$, en soutenant qu’une partie provient de dons présumés illégaux.

Selon le chef caquiste, le premier ministre Philippe Couillard doit accepter de rembourser les sommes potentiellement illégales au-delà de la période de prescription prévue à la loi électorale, qui est actuellement de cinq ans.

«On est dans une situation où un parti a récolté beaucoup d’argent de façon illégale, a-t-il dit. Il y a des accusations qui sont tombées, il y a une vice-première ministre qui a été arrêtée jeudi dernier, mais malgré cela, on a un chef du Parti libéral qui nous dit: moi je ne rembourserai pas l’argent avant 2011.»

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a utilisé les mêmes termes que M. Legault, lors d’un point de presse où il a estimé à 20 M$ la valeur des contributions illégales reçues par le PLQ depuis 1996.

«Un parti qui a obtenu un financement illégal, possiblement autour de 20 M$, qui ont coûté combien de centaine de millions ou milliards aux Québécois, on ne le sait pas parce qu’il y a des contrats qui ont été truqués à cause de ça, ça s’appelle un parti pourri», a-t-il dit.

En sortant de la période des questions, le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a affirmé qu’il avait entendu les propos de M. Legault.

M. Fournier a cependant refusé de commenter la phrase du chef caquiste, en plaidant qu’il veut contribuer «à un climat de respect». «J’ai entendu et je ne veux pas le commenter», a-t-il dit.

M. Legault a laissé tomber que les libéraux étaient pourris en Chambre, alors que les représentants de l’opposition se heurtaient aux limites imposées par le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, dans leur débat concernant les retombées de l’arrestation de Mme Normandeau.

M. Chagnon a invoqué à plusieurs reprises les dispositions de l’article 35 du règlement de la Chambre, qui interdit aux députés de «parler d’une affaire qui est devant les tribunaux».

M. Khadir a affirmé que les interventions de M. Chagnon, qu’il a rapproché de celles des leaders du gouvernement, nuisent à sa confiance envers la présidence de la Chambre.

«Il y a des choses qui minent ma confiance, a-t-il dit. Quand je vois avec le président se lever avec le même empressement que le leader de du Parti libéral ou son adjoint, ça crée un malaise. Il faut surmonter et balayer ce malaise.»

Québec solidaire a écrit à M. Chagnon afin d’exiger un avis juridique indépendant pour administrer les débats en fonction de l’article 35.

«La présidence est trop prudente, sous la pression probablement du parti au pouvoir, a-t-il dit. Et la présidence n’a pas à plier devant le parti au pouvoir. Pour être au-dessus de cette perception, la présidence devrait appuyer ses décisions sur un avis juridique d’un expert indépendant.»

M. Legault a demandé une rencontre avec M. Chagnon afin d’éclaircir son interprétation des règles parlementaires à ce sujet.

«Ça n’a pas de bon sens qu’on ne puisse pas poser de questions sur Nathalie Normandeau, sur l’argent qui a été amassé illégalement par le Parti libéral parce que c’est devant les tribunaux», a-t-il dit.

La Presse Canadienne