Le mode de financement des hôpitaux révisé

Publié le 24 février 2016

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

©La Presse Canadienne

SANTÉ. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a entrepris mardi un long processus visant à transformer le mode de financement des hôpitaux. On passera à terme d'un financement historique, donc renouvelé et bonifié automatiquement d'une année à l'autre, à un financement basé sur les soins réellement prodigués aux patients.

Québec compte ainsi épargner chaque année des centaines de millions de dollars.

À court terme, avant d'aller de l'avant, le ministre Barrette juge essentiel de commencer par établir une comparaison entre le privé et le public, en vue d'évaluer le coût exact d'une chirurgie.

Aussi, un projet-pilote, estimé à 4 M$ sur une base annuelle, sera mené à compter du mois de mai dans trois cliniques privées de la région de Montréal (la clinique de chirurgie Dix30, le Centre de chirurgie RocklandMD et le Groupe Opmédic).

Des patients des hôpitaux publics se verront ainsi offrir de subir leur chirurgie, aux frais de l'État, dans une de ces cliniques privées, appelées à documenter minutieusement tout le processus et ses coûts précis. Le projet vise les chirurgies d'un jour.

L'analyse des données ainsi recueillies, en milieu contrôlé, contribuera à fixer le coût optimal d'une chirurgie, dans le cadre d'un futur financement à l'activité.

À l'heure actuelle, le coût facturé dans le réseau pour une chirurgie peut varier «du simple au double» d'un hôpital à l'autre, malgré des clientèles comparables. Une aberration, plaide le ministre, qui se dit convaincu qu'il est possible de faire mieux, à meilleur coût.

Il en conclut que certains administrateurs d'hôpitaux «sont plus performants que d'autres». Ces derniers ont besoin d'un «point de référence» pour savoir où ils se situent par rapport aux autres, ce qui n'existe pas à l'heure actuelle.

En point de presse, le ministre a dit que le système serait implanté «progressivement, à compter de maintenant», mais il a refusé de dire en quelle année le changement du mode de financement serait complété à travers le Québec. Il ne peut non plus préciser l'ampleur exacte des économies anticipées.

Le Québec accuse un retard en ce domaine de la gestion efficiente du financement hospitalier, a convenu le ministre.

Malgré le recours aux cliniques privées, il a insisté pour dire que ce projet-pilote n'avait rien à voir avec une quelconque privatisation des soins de santé.

Le projet-pilote va aussi contribuer à diminuer à court terme les listes d'attente, a fait valoir le ministre.

Les cliniques privées appelées à participer au projet-pilote devront «ouvrir leurs livres» et accepter d'emblée de fournir toutes les informations requises par Québec. «C'est une condition sine qua non», a tranché M. Barrette.

Après la réorganisation du réseau (loi 10) et la révision de la rémunération des médecins en vue de faciliter l'accès (loi 20), la transformation du mode de financement des hôpitaux constitue le troisième volet de la grande réforme de la santé amorcée par le ministre Barrette. Ce sera «la façon sensée» de gouverner notre réseau, a-t-il dit.

Chaque année, il s'effectue environ 450 000 chirurgies dans les hôpitaux du Québec.

La Presse Canadienne

En manchette

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Basketball masculin: les garçons ratent le doublé contre Montréal

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Le mode de financement des hôpitaux révisé

Publié le 24 février 2016

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

©La Presse Canadienne


SANTÉ. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a entrepris mardi un long processus visant à transformer le mode de financement des hôpitaux. On passera à terme d'un financement historique, donc renouvelé et bonifié automatiquement d'une année à l'autre, à un financement basé sur les soins réellement prodigués aux patients.

Québec compte ainsi épargner chaque année des centaines de millions de dollars.

À court terme, avant d'aller de l'avant, le ministre Barrette juge essentiel de commencer par établir une comparaison entre le privé et le public, en vue d'évaluer le coût exact d'une chirurgie.

Aussi, un projet-pilote, estimé à 4 M$ sur une base annuelle, sera mené à compter du mois de mai dans trois cliniques privées de la région de Montréal (la clinique de chirurgie Dix30, le Centre de chirurgie RocklandMD et le Groupe Opmédic).

Des patients des hôpitaux publics se verront ainsi offrir de subir leur chirurgie, aux frais de l'État, dans une de ces cliniques privées, appelées à documenter minutieusement tout le processus et ses coûts précis. Le projet vise les chirurgies d'un jour.

L'analyse des données ainsi recueillies, en milieu contrôlé, contribuera à fixer le coût optimal d'une chirurgie, dans le cadre d'un futur financement à l'activité.

À l'heure actuelle, le coût facturé dans le réseau pour une chirurgie peut varier «du simple au double» d'un hôpital à l'autre, malgré des clientèles comparables. Une aberration, plaide le ministre, qui se dit convaincu qu'il est possible de faire mieux, à meilleur coût.

Il en conclut que certains administrateurs d'hôpitaux «sont plus performants que d'autres». Ces derniers ont besoin d'un «point de référence» pour savoir où ils se situent par rapport aux autres, ce qui n'existe pas à l'heure actuelle.

En point de presse, le ministre a dit que le système serait implanté «progressivement, à compter de maintenant», mais il a refusé de dire en quelle année le changement du mode de financement serait complété à travers le Québec. Il ne peut non plus préciser l'ampleur exacte des économies anticipées.

Le Québec accuse un retard en ce domaine de la gestion efficiente du financement hospitalier, a convenu le ministre.

Malgré le recours aux cliniques privées, il a insisté pour dire que ce projet-pilote n'avait rien à voir avec une quelconque privatisation des soins de santé.

Le projet-pilote va aussi contribuer à diminuer à court terme les listes d'attente, a fait valoir le ministre.

Les cliniques privées appelées à participer au projet-pilote devront «ouvrir leurs livres» et accepter d'emblée de fournir toutes les informations requises par Québec. «C'est une condition sine qua non», a tranché M. Barrette.

Après la réorganisation du réseau (loi 10) et la révision de la rémunération des médecins en vue de faciliter l'accès (loi 20), la transformation du mode de financement des hôpitaux constitue le troisième volet de la grande réforme de la santé amorcée par le ministre Barrette. Ce sera «la façon sensée» de gouverner notre réseau, a-t-il dit.

Chaque année, il s'effectue environ 450 000 chirurgies dans les hôpitaux du Québec.

La Presse Canadienne