Énergie Est: Heurtel veut plus qu’un changement de ton

Publié le 2 février 2016

Le ministre du Développement durable et de l’Environnement du Québec, David Heurtel.

©La Presse Canadienne

OLÉODUC. Peu importe que TransCanada annonce un changement de ton et d'attitude concernant le projet d’oléoduc Énergie Est au Québec, ce sont les arguments et les explications des détails du projet qui vont convaincre ou non les communautés concernées et les autorités, prévient le ministre David Heurtel.

Le ministre Heurtel a commenté ainsi les déclarations du vice-président responsable du projet pour le Québec et l’Ontario, Louis Bergeron. «La question relativement à TransCanada, ce n’est pas une question de ton, c’est une question de répondre aux questions légitimes des citoyens du Québec. On a lancé une évaluation environnementale; le BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) est lancé sur la portion québécoise du projet», a affirmé mardi le ministre du Développement durable et de l’Environnement.

Après la sortie du maire de Montréal Denis Coderre, qui avait qualifié l’entreprise d’arrogante, et le non catégorique au projet lancé par la Communauté métropolitaine de Montréal, M. Bergeron avait annoncé un changement de ton et d’attitude de la part de l’entreprise. Il avait aussi souligné qu’il y avait une nouvelle direction québécoise en place pour mieux répondre aux préoccupations du Québec.

Interrogé à ce sujet mardi, alors qu’il prenait part à l’annonce d’un sommet sur le fleuve Saint-Laurent, le ministre Heurtel a prévenu qu’il s’attendait à plus qu’un simple changement de ton et de discours. Il appartient à TransCanada de convaincre les communautés par des arguments, des faits, des chiffres, a-t-il répondu.

Le ministre de l’Environnement a réitéré les sept conditions que Québec avait déjà énoncées et qui ont trait notamment à l’acceptabilité sociale du projet, aux plans et mesures de sécurité, à une consultation approfondie des citoyens et des Premières Nations, ainsi qu’à une démonstration des répercussions économiques du projet pour le Québec.

«Nous, ce dont on a besoin, ce sont des réponses satisfaisantes à l’ensemble de ces questions-là», a martelé le ministre Heurtel. Quand on lui a demandé s’il gardait confiance, il a rétorqué: «ce n’est pas une question d’avoir confiance ou pas, nous, on a nos conditions et c’est à TransCanada de démontrer qu’ils répondent de façon satisfaisante à ces questions-là».

Il a rappelé que non seulement le gouvernement du Québec, mais aussi ceux du Canada et de l’Ontario, posent des conditions similaires. «Ce sont des questions légitimes qu’on pose à travers le Canada. C’est à TransCanada de répondre efficacement. Ils ont le fardeau de la preuve; ils doivent nous démontrer qu’ils répondent à l’ensemble de nos préoccupations», a conclu le ministre Heurtel.

Le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada vise à transporter 1,1 million de barils de pétrole brut par jour provenant des sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries de l’est du pays et le Nouveau-Brunswick.

La Presse Canadienne