Centres jeunesse et proxénétisme: l’opposition s’impatiente

Publié le 10 février 2016

Le député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée.

©TC Media - Archives

QUÉBEC. Contrer l’exploitation sexuelle des femmes n’est pas une priorité pour le gouvernement Couillard, selon l’opposition péquiste.

Le député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée (photo), est revenu à la charge mercredi dans le dossier des centres jeunesse pour revendiquer des actions immédiates en vue de contrer l’attrait des adolescentes pour la prostitution et les gangs de rue.

Pour s’attaquer à ce problème, l’opposition péquiste exhorte aussi Québec à resserrer l’encadrement dans les centres jeunesse et à augmenter les effectifs policiers disponibles pour lutter contre le proxénétisme.

«Ça prend une action rapide et efficace», a-t-il affirmé en point de presse.

Il a cité le contenu d’un document de travail datant de 2013, jamais rendu public, produit par un comité gouvernemental et concluant que les centres jeunesse étaient des lieux privilégiés par les gangs de rue pour recruter des jeunes filles mineures appelées à se prostituer.

Selon M. Lisée, le gouvernement a mis de côté ce document et a dissous le comité, une décision politique qu’il juge inacceptable.

«Quelqu’un a pris la décision politique de dire: ce n’est pas une priorité la traite des jeunes femmes au Québec. Ce n’est pas une priorité l’exploitation sexuelle des femmes. Qui a pris cette décision politique?», a demandé le député.

Interpellée, la ministre responsable des centres jeunesse, Lucie Charlebois, a dit qu’au contraire le travail s’était poursuivi ces dernières années, sans toutefois donner de détails. Elle a ajouté que la prostitution, de même que les gangs de rue, n’étaient pas des phénomènes nouveaux.

«Tout le monde sait que la prostitution existe depuis toujours, qu’il y a des gangs de rue depuis toujours, que le crime organisé existe depuis toujours. Est-ce que je vais parler du passé toute la journée?», a commenté la ministre Charlebois, refusant de valider le contenu du document en question, réduit à un simple «résumé de consultations».

Elle s’en est tenue à ce qu’elle avait dit la veille, à savoir que le gouvernement va traiter la question en se concentrant sur un plan en trois points: nommer un vérificateur au Centre jeunesse de Laval, où il y a eu plusieurs fugues dernièrement, mener une consultation auprès des experts pour voir s’il y a lieu de resserrer l’encadrement des jeunes des centres jeunesse en imposant des limites à leur totale liberté de mouvement, et enfin, préparer un plan d’intervention globale de lutte contre les gangs de rue et le proxénétisme.

Depuis deux semaines, au Centre jeunesse de Laval, on a répertorié cinq cas de fugues d’adolescentes. Certaines fuguent à répétition, augmentant d’autant le risque de s’acoquiner aux gangs de rue à la recherche de recrues pour leur réseau de prostitution.

La Presse Canadienne

En manchette

Plus d’accidents mortels au Québec, sauf dans la région

FAIT DIVERS. Le bilan routier des quatre premiers mois de 2016 fait état d’une hausse de 30 décès sur les routes du Québec par rapport à la même période l’année précédente, sauf sur le territoire de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL) où l’on signale une baisse.

Centres jeunesse et proxénétisme: l’opposition s’impatiente

Publié le 10 février 2016

Le député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée.

©TC Media - Archives


QUÉBEC. Contrer l’exploitation sexuelle des femmes n’est pas une priorité pour le gouvernement Couillard, selon l’opposition péquiste.

Le député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée (photo), est revenu à la charge mercredi dans le dossier des centres jeunesse pour revendiquer des actions immédiates en vue de contrer l’attrait des adolescentes pour la prostitution et les gangs de rue.

Pour s’attaquer à ce problème, l’opposition péquiste exhorte aussi Québec à resserrer l’encadrement dans les centres jeunesse et à augmenter les effectifs policiers disponibles pour lutter contre le proxénétisme.

«Ça prend une action rapide et efficace», a-t-il affirmé en point de presse.

Il a cité le contenu d’un document de travail datant de 2013, jamais rendu public, produit par un comité gouvernemental et concluant que les centres jeunesse étaient des lieux privilégiés par les gangs de rue pour recruter des jeunes filles mineures appelées à se prostituer.

Selon M. Lisée, le gouvernement a mis de côté ce document et a dissous le comité, une décision politique qu’il juge inacceptable.

«Quelqu’un a pris la décision politique de dire: ce n’est pas une priorité la traite des jeunes femmes au Québec. Ce n’est pas une priorité l’exploitation sexuelle des femmes. Qui a pris cette décision politique?», a demandé le député.

Interpellée, la ministre responsable des centres jeunesse, Lucie Charlebois, a dit qu’au contraire le travail s’était poursuivi ces dernières années, sans toutefois donner de détails. Elle a ajouté que la prostitution, de même que les gangs de rue, n’étaient pas des phénomènes nouveaux.

«Tout le monde sait que la prostitution existe depuis toujours, qu’il y a des gangs de rue depuis toujours, que le crime organisé existe depuis toujours. Est-ce que je vais parler du passé toute la journée?», a commenté la ministre Charlebois, refusant de valider le contenu du document en question, réduit à un simple «résumé de consultations».

Elle s’en est tenue à ce qu’elle avait dit la veille, à savoir que le gouvernement va traiter la question en se concentrant sur un plan en trois points: nommer un vérificateur au Centre jeunesse de Laval, où il y a eu plusieurs fugues dernièrement, mener une consultation auprès des experts pour voir s’il y a lieu de resserrer l’encadrement des jeunes des centres jeunesse en imposant des limites à leur totale liberté de mouvement, et enfin, préparer un plan d’intervention globale de lutte contre les gangs de rue et le proxénétisme.

Depuis deux semaines, au Centre jeunesse de Laval, on a répertorié cinq cas de fugues d’adolescentes. Certaines fuguent à répétition, augmentant d’autant le risque de s’acoquiner aux gangs de rue à la recherche de recrues pour leur réseau de prostitution.

La Presse Canadienne