Le commissaire Renaud Lachance défend sa neutralité politique

Publié le 15 décembre 2015

Renaud Lachance refuse de commenter la teneur des échanges de courriels entre la présidente de la commission, France Charbonneau, et lui.

©La Presse Canadienne - Archives

RÉACTION. Renaud Lachance se défend d’avoir voulu protéger le gouvernement libéral lors de la rédaction du rapport de la commission Charbonneau dont il est l’un des deux signataires.

Dans une lettre ouverte intitulée «Victime de ma rigueur» transmise à de nombreux médias, M. Lachance écrit que le moment «de remettre les pendules à l’heure» est venu.

Il note que le poste de vérificateur général du Québec qu’il a occupé de juin 2004 à novembre 2011 «exige une totale neutralité politique». Il rappelle qu’à l’époque, personne ne lui a reproché d’être «tendre ou peu critique envers la gestion gouvernementale, bien au contraire».

Selon Renaud Lachance, le fait que certains l’accusent désormais d’être à la solde d’un gouvernement dirigé par le Parti libéral du Québec est une «hérésie», car il a étroitement surveillé cette même formation durant toutes les années où il a été vérificateur général.

Il maintient sa dissidence au sujet de l’existence d’un lien indirect entre l’octroi de contrats publics et les contributions politiques. Tout en soulignant qu’aucun témoin n’avait reconnu avoir reçu indirectement un tel contrat en retour d’une contribution politique, il soutient qu’il devait exprimer ce désaccord «à cause de l’absence d’un tel témoignage et de la rigueur inhérente à (sa) profession».

M. Lachance refuse de commenter la teneur des échanges de courriels entre la présidente de la commission, France Charbonneau, et lui, en soutenant vouloir «respecter (son) serment de confidentialité». Il se défend, mine de rien, en écrivant que si on prend une phrase d’un texte «ici et là», on peut en «changer tout le propos».

Quant à ses commentaires écrits à propos des versions préliminaires du rapport, il reconnaît leur «ton franc et direct dont (il) n’avait pas l’exclusivité à la commission». Il assure que tous les commentaires ont fait l’objet d’explications et de discussions. Renaud Lachance ne glisse pas mot sur le contenu des commentaires en question.

Il regrette qu’un troisième membre n’ait pas été nommé pour remplacer Roderick MacDonald qui s’était éteint au cours du mandat de la commission. Il loue sa réputation de sagesse. Selon M. Lachance, la nomination d’un autre commissaire «aurait changé bien des choses».

Il accuse ses détracteurs d’avoir déclenché une chasse aux sorcières dont il semble être la principale cible. Il se demande s’il n’y a pas lieu à la place «de parler de choses plus sérieuses comme les stratagèmes frauduleux identifiés par la commission et les recommandations faites pour y remédier».

La Presse Canadienne

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©La Presse Canadienne - Archives


RÉACTION. Renaud Lachance se défend d’avoir voulu protéger le gouvernement libéral lors de la rédaction du rapport de la commission Charbonneau dont il est l’un des deux signataires.

Dans une lettre ouverte intitulée «Victime de ma rigueur» transmise à de nombreux médias, M. Lachance écrit que le moment «de remettre les pendules à l’heure» est venu.

Il note que le poste de vérificateur général du Québec qu’il a occupé de juin 2004 à novembre 2011 «exige une totale neutralité politique». Il rappelle qu’à l’époque, personne ne lui a reproché d’être «tendre ou peu critique envers la gestion gouvernementale, bien au contraire».

Selon Renaud Lachance, le fait que certains l’accusent désormais d’être à la solde d’un gouvernement dirigé par le Parti libéral du Québec est une «hérésie», car il a étroitement surveillé cette même formation durant toutes les années où il a été vérificateur général.

Il maintient sa dissidence au sujet de l’existence d’un lien indirect entre l’octroi de contrats publics et les contributions politiques. Tout en soulignant qu’aucun témoin n’avait reconnu avoir reçu indirectement un tel contrat en retour d’une contribution politique, il soutient qu’il devait exprimer ce désaccord «à cause de l’absence d’un tel témoignage et de la rigueur inhérente à (sa) profession».

M. Lachance refuse de commenter la teneur des échanges de courriels entre la présidente de la commission, France Charbonneau, et lui, en soutenant vouloir «respecter (son) serment de confidentialité». Il se défend, mine de rien, en écrivant que si on prend une phrase d’un texte «ici et là», on peut en «changer tout le propos».

Quant à ses commentaires écrits à propos des versions préliminaires du rapport, il reconnaît leur «ton franc et direct dont (il) n’avait pas l’exclusivité à la commission». Il assure que tous les commentaires ont fait l’objet d’explications et de discussions. Renaud Lachance ne glisse pas mot sur le contenu des commentaires en question.

Il regrette qu’un troisième membre n’ait pas été nommé pour remplacer Roderick MacDonald qui s’était éteint au cours du mandat de la commission. Il loue sa réputation de sagesse. Selon M. Lachance, la nomination d’un autre commissaire «aurait changé bien des choses».

Il accuse ses détracteurs d’avoir déclenché une chasse aux sorcières dont il semble être la principale cible. Il se demande s’il n’y a pas lieu à la place «de parler de choses plus sérieuses comme les stratagèmes frauduleux identifiés par la commission et les recommandations faites pour y remédier».

La Presse Canadienne