Violence dans les communautés autochtones

Publié le 14 décembre 2015

Agnes Beauvais McDonald, Cheryl McDonald et Viviane Michel.

©La Presse Canadienne

KAHNAWAKE. Une semaine après l’annonce d’une enquête publique fédérale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, un nouveau rapport brosse un sombre bilan à l’égard de la violence au sein des communautés des Premières Nations du Québec.

Dévoilé lundi par Femmes autochtones du Québec (FAQ), le document d’une soixantaine de pages se penche entre autres sur les différents types de violence, l’état des services offerts, les relations avec la police ainsi que les besoins des familles des victimes.

«Il faut s’intéresser aux cas des femmes autochtones avant qu’elles ne disparaissent», a affirmé sa présidente Viviane Michel, au cours d’une conférence de presse à Kahnawake.

Celle-ci était accompagnée du chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, du ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ainsi que de sa collègue à la Justice et à la Condition féminine, Stéphanie Vallée.

Johnny Wylde, sans nouvelles de sa fille Sindy Ruperthouse depuis maintenant 18 mois, ainsi que Cheryl McDonald, dont la sœur a été retrouvée sans vie peu après sa disparition, en 1998, sont également venus livrer des témoignages.

Selon la Gendarmerie royale du Canada, au moins 46 homicides de femmes autochtones ont été répertoriés entre 1980 et 2012 au Québec.

Le rapport d’une soixantaine de pages évoque l’omniprésence de la violence institutionnelle ainsi qu’aux niveaux familial et personnel dans les communautés autochtones. Il prône aussi la création d’une stratégie de prévention, d’accompagnement et d’intervention en matière de violence.

«C’est l’héritage de l’impact de la colonisation (et) du passage des pensionnats, a dit la présidente de FAQ. Nous, en tant que femmes des Premières Nations, nous sommes prêtes à travailler avec nos hommes.»

Le chef de l’APNQL a reconnu que les hommes avaient également une responsabilité à assumer pour enrayer le climat de violence qui règne actuellement au sein de nombreuses communautés.

Le sujet a été abordé lors de rencontres entre les chefs dans la foulée du scandale déclenché par les allégations de sévices à l’endroit de femmes autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val-d’Or, a indiqué M. Picard.

«On peut facilement regarder vers l’extérieur (...) mais en même temps, cela n’enlève pas la responsabilité, a-t-il dit. Étant donné que la majorité des chefs autochtones sont des hommes, je crois que cette prise de conscience est nécessaire.»

Les recommandations du rapport de FAE devraient être dévoilées au cours du mois de janvier, a indiqué sa présidente.

La Presse Canadienne

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Un policier réintégré au travail après avoir volé du temps

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Violence dans les communautés autochtones

Publié le 14 décembre 2015

Agnes Beauvais McDonald, Cheryl McDonald et Viviane Michel.

©La Presse Canadienne


KAHNAWAKE. Une semaine après l’annonce d’une enquête publique fédérale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, un nouveau rapport brosse un sombre bilan à l’égard de la violence au sein des communautés des Premières Nations du Québec.

Dévoilé lundi par Femmes autochtones du Québec (FAQ), le document d’une soixantaine de pages se penche entre autres sur les différents types de violence, l’état des services offerts, les relations avec la police ainsi que les besoins des familles des victimes.

«Il faut s’intéresser aux cas des femmes autochtones avant qu’elles ne disparaissent», a affirmé sa présidente Viviane Michel, au cours d’une conférence de presse à Kahnawake.

Celle-ci était accompagnée du chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, du ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ainsi que de sa collègue à la Justice et à la Condition féminine, Stéphanie Vallée.

Johnny Wylde, sans nouvelles de sa fille Sindy Ruperthouse depuis maintenant 18 mois, ainsi que Cheryl McDonald, dont la sœur a été retrouvée sans vie peu après sa disparition, en 1998, sont également venus livrer des témoignages.

Selon la Gendarmerie royale du Canada, au moins 46 homicides de femmes autochtones ont été répertoriés entre 1980 et 2012 au Québec.

Le rapport d’une soixantaine de pages évoque l’omniprésence de la violence institutionnelle ainsi qu’aux niveaux familial et personnel dans les communautés autochtones. Il prône aussi la création d’une stratégie de prévention, d’accompagnement et d’intervention en matière de violence.

«C’est l’héritage de l’impact de la colonisation (et) du passage des pensionnats, a dit la présidente de FAQ. Nous, en tant que femmes des Premières Nations, nous sommes prêtes à travailler avec nos hommes.»

Le chef de l’APNQL a reconnu que les hommes avaient également une responsabilité à assumer pour enrayer le climat de violence qui règne actuellement au sein de nombreuses communautés.

Le sujet a été abordé lors de rencontres entre les chefs dans la foulée du scandale déclenché par les allégations de sévices à l’endroit de femmes autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val-d’Or, a indiqué M. Picard.

«On peut facilement regarder vers l’extérieur (...) mais en même temps, cela n’enlève pas la responsabilité, a-t-il dit. Étant donné que la majorité des chefs autochtones sont des hommes, je crois que cette prise de conscience est nécessaire.»

Les recommandations du rapport de FAE devraient être dévoilées au cours du mois de janvier, a indiqué sa présidente.

La Presse Canadienne