Rémunération des médecins: les coûts explosent

Publié le 28 novembre 2015

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.

©La Presse Canadienne

RAPPORT. Québec a perdu le contrôle des coûts reliés à la rémunération des médecins, note la vérificatrice générale du Québec dans un rapport rendu public vendredi.

C'est près d'un demi-milliard de fonds publics qui est en cause, parce que Québec a largement sous-évalué la facture d'honoraires expédiée par les médecins, au premier chef celle des médecins spécialistes, lit-on dans le rapport.

L'impact sur les finances publiques est considérable: 32,7 M$ de plus que prévu à verser aux omnipraticiens et 384 M$ destinés aux médecins spécialistes, pour un total de 416,7 M$ en surplus des ententes conclues.

La vérification porte sur les ententes intervenues entre Québec et les fédérations de médecins pour la période allant de 2010 à 2015.

Ce surplus dans la poche des médecins a dû être puisé dans les autres programmes du réseau de la santé, le financement de ces ententes ayant été mal planifié, conclut la vérificatrice, Guylaine Leclerc (photo), surprise de constater que les augmentations à verser aux médecins n'avaient pas été budgétées par le Conseil du trésor.

La situation est due au fait que Québec a d'abord sous-évalué la hausse à venir du nombre de consultations médicales, qui a été de 3% durant la période, au lieu des 2%. Or, le gouvernement «aurait dû savoir» que cette augmentation serait plutôt de l'ordre de 3%, selon Mme Leclerc. Car «l'information était disponible», assure-t-elle.

«Cela veut dire qu'il y a d'autres programmes qui nécessiteront des coupures», a-t-elle indiqué en conférence de presse.

Le ministère de la Santé n'a donc pas assuré «une gestion économique et transparente» des fonds publics réservés aux médecins, conclut Mme Leclerc, en recommandant au ministre Gaétan Barrette de revoir le mode de gestion de ces enveloppes budgétaires.

Cette année, l'enveloppe budgétaire globale versée aux médecins devrait tourner autour de 7 milliards $.

Le Québec compte environ 21 000 médecins. Les augmentations salariales (5,6 milliards $) consenties par Québec étaient de l'ordre de 25%, réparties sur huit ans.

Contrats informatiques

Dans un autre rapport, la vérificatrice générale du Québec a mis au jour d'importantes lacunes dans l'attribution des contrats informatiques.

Elle constate que le contrôle des coûts laisse à désirer et que le processus d'attribution des contrats informatiques n'est pas exempt de possibles conflits d'intérêts.

La vérificatrice a examiné 27 contrats informatiques d'une valeur totale de 223 M$ donnés par huit ministères ou organismes gouvernementaux, entre 2012 et 2015.

Elle note que le recours au secteur au secteur privé est fréquent et que cette façon de procéder augmente le risque de collusion et de corruption.

La Presse Canadienne

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La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.

©La Presse Canadienne


RAPPORT. Québec a perdu le contrôle des coûts reliés à la rémunération des médecins, note la vérificatrice générale du Québec dans un rapport rendu public vendredi.

C'est près d'un demi-milliard de fonds publics qui est en cause, parce que Québec a largement sous-évalué la facture d'honoraires expédiée par les médecins, au premier chef celle des médecins spécialistes, lit-on dans le rapport.

L'impact sur les finances publiques est considérable: 32,7 M$ de plus que prévu à verser aux omnipraticiens et 384 M$ destinés aux médecins spécialistes, pour un total de 416,7 M$ en surplus des ententes conclues.

La vérification porte sur les ententes intervenues entre Québec et les fédérations de médecins pour la période allant de 2010 à 2015.

Ce surplus dans la poche des médecins a dû être puisé dans les autres programmes du réseau de la santé, le financement de ces ententes ayant été mal planifié, conclut la vérificatrice, Guylaine Leclerc (photo), surprise de constater que les augmentations à verser aux médecins n'avaient pas été budgétées par le Conseil du trésor.

La situation est due au fait que Québec a d'abord sous-évalué la hausse à venir du nombre de consultations médicales, qui a été de 3% durant la période, au lieu des 2%. Or, le gouvernement «aurait dû savoir» que cette augmentation serait plutôt de l'ordre de 3%, selon Mme Leclerc. Car «l'information était disponible», assure-t-elle.

«Cela veut dire qu'il y a d'autres programmes qui nécessiteront des coupures», a-t-elle indiqué en conférence de presse.

Le ministère de la Santé n'a donc pas assuré «une gestion économique et transparente» des fonds publics réservés aux médecins, conclut Mme Leclerc, en recommandant au ministre Gaétan Barrette de revoir le mode de gestion de ces enveloppes budgétaires.

Cette année, l'enveloppe budgétaire globale versée aux médecins devrait tourner autour de 7 milliards $.

Le Québec compte environ 21 000 médecins. Les augmentations salariales (5,6 milliards $) consenties par Québec étaient de l'ordre de 25%, réparties sur huit ans.

Contrats informatiques

Dans un autre rapport, la vérificatrice générale du Québec a mis au jour d'importantes lacunes dans l'attribution des contrats informatiques.

Elle constate que le contrôle des coûts laisse à désirer et que le processus d'attribution des contrats informatiques n'est pas exempt de possibles conflits d'intérêts.

La vérificatrice a examiné 27 contrats informatiques d'une valeur totale de 223 M$ donnés par huit ministères ou organismes gouvernementaux, entre 2012 et 2015.

Elle note que le recours au secteur au secteur privé est fréquent et que cette façon de procéder augmente le risque de collusion et de corruption.

La Presse Canadienne