Un livre pour démystifier la réalité des Aspergers


Publié le 19 avril 2017

Tanya Izquierdo Prindle sera au Salon de la neurodiversité le 30 avril, à Montréal. Son livre est disponible en librairie et elle tient aussi un blogue au moiautisteasperger.ca

SANTÉ. Comme bien des parents, c'est lorsque le diagnostic d'Asperger est tombé pour son fils que Tanya Izquierdo Prindle a su qu'elle vivait avec une forme d'autisme. «Je constatais des signes chez mon fils et je me reconnaissais», raconte l'auteur du livre Asperguide, Guide du syndrome d'Asperger.

Entre guide et récit personnel, le livre se veut d'abord un outil de sensibilisation pour dissiper les préjugés autour du syndrome d'Asperger et de l'autisme. Il y a beaucoup d'ouvrages spécialisés sur la question, explique l'auteure de Mont-Saint-Hilaire, mais elle voulait cette fois présenter un livre rédigé par une asperger et qui s'adresse à eux ou à leur entourage.

Ce qui fait souffrir, ce n'est pas l'autisme en soi; c'est le regard des autres. La société accepte mal la différence.

Tanya Izquierdo Prindle

Le syndrome d’Asperger est un trouble envahissant du développement qui s'inscrit dans le spectre de l'autisme. Les gens touchés par le syndrome, ou Aspi, vivent avec un désordre neurologique qui peut affecter, entres autres, la perception (hypersensibilité) et les relations sociales, ainsi que provoquer une rigidité devant les changements

Chez Tanya Prindle, le trouble se traduit par un grand stress devant les changements à sa routine; l'équivalent de retirer sa doudou à un enfant, illustre-t-elle. Elle éprouve des difficultés avec son empathie émotionnelle, qui peut la faire paraître condescendante. «À 28 ans, j'étais isolée, raconte l'auteure. J'offusquais souvent les gens, sans vouloir mal faire. J'ai tendance à dire la vérité sans filtre.»

Ces difficultés sociales, couplées avec des difficultés d'intégration, l'ont placée dans une position vulnérable à l'école. «J'étais une cible facile; c'est dur pour moi de créer des liens. Ça pousse à l'isolement, car c'est en compagnie des autres qu'on se sent différent, souligne Mme Pringle.

C'est seulement une fois après avoir obtenu son diagnostic que Tanya Pringle a pu pousser un soupir de soulagement. «Pour la première fois, je vivais un sentiment d'appartenance. Je me sentais toujours comme un imposteur, même avec mes amis. Ça m'a permis de mieux m'accepter.»

Vers le mieux

Tanya admet que les choses s'améliorent, surtout au Québec, et que son fils pourra plus facilement qu'elle vivre avec l'étiquette «aspi». Toutefois, il reste encore du chemin à faire, surtout au niveau de l'école. L'école reste pensée «pour et par» les neurotypiques (les gens «normaux»), fait-elle remarquer.

«Oui, ça va vers le mieux. La prof de mon fils est merveilleuse avec lui, il se sent inclus. Mais dans un monde idéal, nous n'aurions pas besoin de diagnostiquer les autistes si tôt dans leur jeunesse s'ils étaient inclus dans le système.»

Par exemple, l'incapacité de gérer les travaux d'équipe et les labos a empêché Tanya d'aller aussi si loin qu'elle l'aurait voulu dans son parcours scolaire. «C'est difficile pour moi en classe, mais je travaille bien à distance.»

Mme Pringle reste positive. L'intégration viendra, pense-t-elle. «Nous, les autistes, sommes programmés différemment; c'est une variante neurologique». C'est ce qui explique que la société n'est pas adaptée, pense-t-elle. «Nous vivons un peu ce que les gauchers vivaient lorsqu'on tentait de les conformer. Mais aujourd'hui, il y a des ciseaux pour les gauchers, des bâtons de golf, etc. L'éducation doit être comme ça; elle doit s'adapter pour ne pas exclure la différence.»