De McMasterville à Strasbourg


Publié le 1 mars 2017

Aleksandra Collin et Maude Perron estiment que la recherche-action a influencé leur cheminement scolaire.

©photo TC Media -Karine Guillet

ÉDUCATION.À l'école primaire, Aleksandra Collin et Maude Perron ont vécu leur sixième année devant l'œil des caméras. Presque dix ans après le documentaire qui en est né, elles s'apprêtent à s'envoler vers la France pour partager leur expérience.

Maude Perron se souvient des rails qui sillonnaient sa classe pour aider au tournage du documentaire Les porteurs d'espoir. Encore aujourd'hui, elle entend régulièrement parler du documentaire. «Il y a des gens qui étudient en éducation qui regardent le film et qui m'écrivent pour me dire qu'il me voient dans leur cours», blague-t-elle.

Le documentaire Les Porteurs d'Espoir suit une classe de sixième année de la Farandole à McMasterville alors que les jeunes font l'expérience d'une méthode d'enseignement basée sur la recherche-action. Dans le cadre de cette approche, les élèves doivent identifier une problématique dans leur communauté et trouver des solutions.

«Un enfant ne se rend peut-être pas compte de tout ce qui l'entoure s'il n'a pas à observer autour de lui. On a dû faire le tour de la Ville, le tour de l'école. Ça nous a fait prendre conscience que lorsque l'on jette un papier par terre, ça a des impacts parce qu'il reste là le papier», ajoute pour sa part Mme Collin, qui étudie en anthropologie.

Tournée française.

Elles se rendront à Strasbourg le 14 mars par le biais d'une initiative de l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Elles seront accompagnées de l'enseignant Claude Poudrier, créateur de la méthode expérimentée par les deux jeunes filles. 

Elles y partageront sur l'apport du film avec des professionnels du milieu de l'Éducation et sillonneront également quelques écoles primaires de la région pour parler du film à des élèves du primaire.  

Pendant le tournage du documentaire Les porteurs d'espoir, en 2008-2009.

©Archives- YannCanno.com

De meilleurs citoyens

À la Farandole, les élèves s'étaient questionnés pendant le projet sur la question du vandalisme. Ils avaient sillonné la municipalité, questionné leurs concitoyens, rencontré des élus, policiers et commerçants et même recherché des subventions pour leur projet.  Leurs démarches avaient mené la municipalité à installer un mur anti-graffiti et à aménager un parc dans une aire boisée. 

Les deux étudiantes estiment aujourd'hui que l'expérience les a dotés d'une solide méthode de recherche, en plus d'améliorer leur estime de soi. Elles sont convaincues d'être de meilleures citoyennes grâce à ce projet. Elles se disent aujourd'hui plus investigatrices et plus proches de leur communauté.

«Si l'éducation pouvait être comme ça, si tous les enfants pouvaient avoir ça, ils apprendraient plus vite et ils seraient plus engagés», croit Maude Perron.

Les résultats, dix ans plus tard

Maude habite d'ailleurs à proximité du mur à graffiti. Le mur est encore fréquemment utilisé et repeint chaque année. «Chaque fois, je me dis que j'ai eu un petit pouvoir là-dedans; j'ai fait ma part», dit Maude, un sourire aux lèvres.

Ironiquement, le pavillon des Porteurs d'espoirs, qui devait son nom au film, est tombé sous les flammes il y a quelques années, après que deux adolescents aient mis le feu à une table à pique-nique.

«J'ai pleuré, admet Mme Perron. Quand je l'ai vu brûler l'école, je ne pensais qu'à ça. C'était impossible que ça arrive à nous.»  Encore aujourd'hui, elle se demande si sa classe aurait dû sensibiliser davantage les jeunes au vandalisme. Aleksandra Collindemeure tout de même positive, rappelant que les efforts des jeunes sont encore visibles dans la communauté.